‹ Théâtre: Le candidat. Le château des cœursChapitre 29 sur 160 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

BOUVIGNY.

Croyez-vous qu'un pareil calcul?... et que les Bouvigny !...

ROUSSELIN

Loin de moi cette idée! Mais je ne suis pas aussi riche qu'on se l'imagine !

BOUVIGNY, gracieux.

La disproportion en sera moins grande !

ROUSSELIN

Cependant, malgré des revenus... raisonnables, c'est vrai, nous vivons, sans nous gêner. Ma femme a des goûts... élégants. J'aime à recevoir, à répandre le bien-être autour de moi. J'ai réparé, à mes frais, la route de Bugueux à Faverville. J'ai établi une école, et fondé, à l'hospice, une salle de quatre lits qui portera mon nom.

BOUVIGNY.

On le sait, monsieur, on le sait !

ROUSSELIN

Tout cela pour vous convaincre que je ne suis pas, — bien que fîls de banquier et l'ayant été moi-même, — ce qu'on appelle un homme d'argent. Et la position de monsieur Onésime ne saurait être un obstacle, mais il y en a un autre. Votre fils n'a pas de métier?

BOVVlGNY,f èrement.

Monsieur, un geniilliomme ne connaît que celui des armes !

ROUSSELIN

Mais il n'est pas soldat?

BOUVIGNY.

Il attend, pour ser\'ir son pays, que le gouvernement ait changé.

ROUSSELIN

Et en attendant?.,.

BOUVIGNY.

Il vivra dans son domaine, comme moi, monsieur !

ROUSSELIN

A user des souliers de chasse, fort bien ! Mais moi, monsieur, j'aimerais mieux donner ma fille à quelqu'un dont la fortune, — pardon du mot, — serait encore moindre.

La sienne est assurée !

ROUSSELIN

A un homme qui n'aurait même rien du tout, pourvu...

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