‹ Théâtre: Le candidat. Le château des cœursChapitre 30 sur 160 · ACTE I, SCENE VlII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VlII

BOUVIGNY.

Oh! rien du tout!...

ROUSSELIN, se levant.

Oui, monsieur, à un simple travailleur, à un prolétaire.

BOUVIGNY, se levant.

C'est mépriser la naissance!

ROUSSELIN

Soit ! Je suis un enfant de la Révolution, moi I

BOUVIGNY.

Vos manières le prouvent, monsieur !

ROUSSELIN

Et je ne me laisse pas éblouir par l'éclat de» titres !

BOUVIGNY.

Ni moi par celui de l'or,... croyez-le!

ROUSSELIN

Dieu merci, on ne se courbe plus devant les seigneurs, comme autrefois !

BOUVIGNY.

En effet, votre grand-père a été domestique dans ma maison !

ROUSSELIN

Ah! vous voulez me déshonorer? Sortez, monsieur! La considération est aujourd'hui un privilège tout personnel. La mienne se trouve audessus de vos calomnies ! Ne serait-ce que ces notables qui sont venus tout à l'heure m'offrir la candidature...

BOUVIGNY.

On aurait pu me l'offrir aussi, à moi ! et je l'ai, je l'aurais refusée par égard pour vous. Mais devant une pareille indélicatesse, après la déclaration de vos principes, et du moment que vous êtes un démocrate, un suppôt de l'anarchie...

ROUSSELIN

Pas du tout !

BOUVIGNY.

Un organe du désordre, moi aussi, je me déclare candidat! Candidat conservateur, entendez. .vous! et nous verrons bien lequel des deux... Je suis môme le camarade du préfet qui vient d'être nommé ! Je ne m'en cache pas ! et il me soutiendra ! Bonsoir !

// sort.

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