ACTE I, SCÈNE X
ROUSSELIN, seul.
Mais ce furieux-là est capable de me démolir dans l'opinion, de me faire passer pour un jacobin ! J'ai peut-être eu tort de le blesser. Cependant, vu la fortune des Bouvigny, il m'était bien impossible... N'importe, c'est fâcheux! Murel et Grucliet déjà ne m'avaient pas l'air si rassurés ; et il faudrait découvrir un moyen de persuader aux conservateurs... que je suis... le plus conservateur des hommes... hein? qu'est-ce donc?
SCÈC/^E X
ROUSSHLIN, MUREL, avec une foule d'élec^ leurs, HEURTELOT, BEAUMESNIL, VOINCHET, HOMBOURG, LEDRU, puis GRUCHET.
MUREL.
iMon cher concitoyen, les électeurs ici présents viennent vous offrir, par ma voix, la candidature du parti libéral de l'arrondissement.
40 LE CANDIÛAt.
ROUSSELIN
Mais... messieurs...
MUREL.
Vous aurez entièrement pour vous les communes de Favervilie, Harolle, Lahoussaye, Sannevas, Bonneval, Hautot, Saint-Mathieu.
ROUSSELIN
Ah! ah!
MUREL.
Randou, Manerville, la Coudrette! Enfin nous comptons sur une majorité qui dépassera quinze cents voix, et votre élection est certaine.
ROUSSELIN
Ah! citoyens!
Bas à Murel.
Je ne sais que dire.
MUREL.
Permettez-moi de vous présenter quelques-uns de vos amis politiques : d'al?ord, le plus ardent de tous, un véritable patriote, monsieur Heurtelot... fabricant...
HEURTELOT.
Oh ! dites cordonnier, ça ne me fait rien !
MUREL.
Monsieur Hombourg, maître de l'hôtel du