ACTE Ml, SCÈNE III. I
ONÉSIME
Quand mon père a reçu cette lettre du Préfet qui lui enlevait tout espoir, il a été comme vous, bien triste ! Cependant il a repris le dessus, à force de philosophie !
ROUSSELIN
Dites-moi, vous qui êtes excellent, vous n'allez pas me tromper?
ONÉSIME
Oh!
ROUSSELIN
Est-ce que monsieur votre père...
Se retournant vers le garçon qui remue les chaises.
Il est irritant, ce garçon-là ! Laissez-nous tranquilles !
Le garçon sort.
Est-ce que votre père avait autant de voix qu'on le soutient? Il m'a défilé une liste de communes!...
ONÉSIME
Il est toujours sur de soixante-quatre laboureurs. J'ai vu leurs noms !
ROUSSELIN, à part.
C'est un chiffre, cela !
ONÉSIME
Mais. . . j'ai quelque chose pour vous. Une vieille femme, que je ne connais pas, m'a dit, comme
j'entrais à la séance : « Faites-moi le plaisir de remettre ce billet à monsieur Rousselin. » // le lui donne.
ROUSSELIN
Une drôle de lettre ! Voyons un peu !
Lisant.
« Une personne qui s'intéresseà vous croitdeson devoir de vous prévenir que madame Rousselin...
// s'arrête bouleyers^.
ONÉSIME
Dois-je porter la réponse ?
ROUSSELIN, ricanant convulsivtmerj.
La... la... la réponse?
ONÉSIME
Oui ! laquelle?
ROUSSELIN, /«nV«x.
C'est un coup de pied pour l'imbécile qui fait dt- pareilles commissions?
Onésime s'enfuit.
Une lettre anonyme, après tout, je suis bien iot de m'en tourmenter!
// la froisse et la jette.
La haine de mes ennemis n'aura donc pas de bornes ! Voilà une machination qui dépasse toutes les autres! C'est pour me distraire de la vie poli-