ACTE IV, SCÈNE IX. l
ROUSSELIN
Eli ! je vous en achèterai quatre d'étrangères!
LEDRU
Au pas de course, alors !
// sort vivement.
SCÈC^CE IX
ROUSSELIN, seul, regardant au fond.
Il aura le temps ! On a encore cinq minutes ! Dans cinq minutes le scrutin ferme, et alors?...
Je ne rêve donc pas ! C'est bien vrai ! je pourrais le devenir ! Oh ! circuler dans les bureaux, se dire membre d'une commission, être choisi quelquefois comme rapporteur, ne parler toujours que budget, amendements, sous-amendements, et participer à un tas de choses... d'une conséquence infinie! Et chaque matin je verrai mon nom imprimé dans tous les journaux, même dans ceux dont je ne connais pas la langue !
Le jeu ! la chasse ! les femmes ! est-ce qu'on aime quelque choîe comme ça? Mais pour l'obtenir, je donnerais ma fortune, mon sang, tout! Oui! j'ai bien donné ma fille! ma pauvre fille !
// pleure.
J'ai des remords maintenant j car je ne saurai
jamais si Bouvigny a tenu parole. On ne signe pas les votes !
Qifatre heures sonnent.
C'est fait ! On dépouille le scrutin ; ce sera vite fini ! A quoi vais-je m'occuper pendant ce temps-là? Quelques intimes, quand ce ne serait que Murel qui est si actif, devraient être ici pour m'apprendre les premiers bulletins!
Oh ! les hommes ! dévouez-vous donc pour eux I Si le pays ne me nomme pas... Eh! bien, tant pis ! qu'il en trouve d'autres !, J'aurai fait mon devoir !
// trépigne.
Mais ariivez donc ! arrivez donc ! Ils sont tous contre moi, les misérables! C'est à en mourir! Ma tête se prend, je n'y tiens plus! J'ai envie de casser mes meubles!
RGUSSÏÏLIN, UN MENDIANT, aveugle, qui joue de la vielle.
Ah! en n'e^t pas un électeur, celui-là? On peut le bousculer! Qi^ii vous a permis...