ACTE IV, SCÈNE X
LE MENDIANT
La maison est ouverte, et des camarades m'ont dit qu'on y faisait du bien à tout le monde, mon cher monsieur Rousselin du bon Dieu ! On ne parle que de vous ! Donnez-moi quelque chose ! Ça vous portera bonheur !
ROUSSELIN, à lui-même.
Ça me portera bonheur !
// mtt deux doigts dans la poche de son gilet ; rêvant.
L'aumône, faite en des circonstances suprêmes, a peut-être une puissance que l'on ne sait pas? et j'aurais dû, ce matin, entrer dans une église !...
LE MENDIANT, faisant aller la vielle.
La charité, s'il vous plaît !
ROUSSELIN, ayant palpé ses poches.
Eh ! je n'ai plus d'argent sur moi !
LE MENDIANT, Jouant toujours.
Quelque chose, s'il vous plait!
ROUSSELIN, fouillant les tiroirs de son bureau.
Non ! pas un sou ! pas un liard ! J'ai tant donné depuis ce matin ! Cet instrument m'agace ! Ah 1 je trouverai bien un peu de monnaie qui traîne.
LE MENDIANT
La charité, s'il vous plaît ! Vous qu'on dit si
lS8 Li CANDIDAT.
riche ! C'est pour avoir du pain ! Ah ! que je
suis faible !
Prit de tomber, il se soutient à la porte.
ROUSSELIN, découragé.
Je ne peux pas battre un aveugle !
LE MENDIANT
La moindre des choses! Je prierai le bon Dieu pour vous!
ROUSSELIN, arrachant sa montre de son gousset.
Eh bien, prenez ça ! et le Ciel sans doute aura pitié de moi!
Le mendiant décampe vite. Rousselin regarde la pendule.
On ne vient pas ! Il y a quelque malheur ! personne n'ose me le dire! J'irais bien, mais les jambes... Ah! c'est trop!... tout me semble tourner! Je vais m'évanouir!
// s'affaisse sur le canapé.
scè:?CE XI