BARB AZE
Cent vingt florins, vous.
PREMIER ASSESSEUR, alhllliailt IIH fcil.
Premier feu.
Jadis On était plus galant.
PREMIER ASSESSEUR, allimiaut lin autre feu. Second feu.
BARBAZE.
Qj.i'on se presse !...
Il est temps.
PREMIER ASSESSEUR, aUiiiiiaiit Ml troisième fcu . Dernier feu.
BARBAZE, les yeiix sur Blaiidine.
Vrai joyau de tendresse!
Vous la regretterez à coup sûr, mais en vain. Personne ne dit mot?
Le dernier feu s'éteint.
Adjugée à cent vingt!
ZAB, À Fouquette.
Allons-nous-en. Vois-tu, je n'aime pas le monde.
FOUQUETTE.
Pour Gordane, restons.
ZAB, avec ennui.
Soit!
LJBRES COEURS 4f
BARBAZE, à nue troisième jetine fiUe.
C'est à vous, Raymonde.
ZAB, à voix basse.
Fouquette, il faut m'aimer; tu me coûtes si cher!
FOUQUETTE, haussant les épaules.
Ça m'avance beaucoup!
BARBAZE, -Diontrant Raymonde,
L'oeil est vif, le teint clair; Q^ui prend l'aimable enfant?
On se tait.
Parlez!
On se tait toujours.
Nul ne se lance?
Est-on muet? Eh bien?... Le pénible silence!
A Japiot qui s'approche pour voir.
On enchérit?
JAPIOT, se dérobant avec un geste de dénégation. Bé!
BARBAZE.
Non?... Ainsi, pas un denier!
Oii sont donc nos vaillants florins de l'an dernier? Du cœur, messieurs!
Silence général.
Qu'on montre alors toutes nos belles.
Vous pouvez demander l'une ou l'autre d'entre elles.
Aucune enchère ne se produit.
Quoi?... Rien!...
Le silence se prolonge.
Puisque les gens sont si pauvres, passons A la catégorie où l'on offre aux garçons Un encouragement pour épouser. C'est triste.
Prenant une nouvelle liste des mains de l'assesseur. Gordane Pourlaillon, messieurs, ouvre la liste. Veuillez nous présenter Gordane, introducteur. Gordane est amenée. Rires. Elle se cache le visage. Ne vous cachez pas trop!
A l'assistance.
Avons-nous amateur?
Moi!
BARBAZE.
Quelle indemnité réclamez-vous, mon brave?
JAPIOT.
Bé! six mille florins.
ZAB
Le brigand !
C'est très grave.
Quelqu'un la prendrait-il pour moins d'argent?
CINQUIEME ENCHÉRISSEUR
Moi !
SIXIÈME ENCHÉRISSEUR
Moi !
BARBAZE, au ciiiquiètiie enchérisseur.
Vous, à ma gauche, un prix d'abord. Vous restez coi?
CINQUIEME ENCHÉRISSEUR
J'en veux cinq mille.
BARBAZE, au sixièmc enchérisseur.
Et vous?
SlXIEiME ENCHÉRISSEUR.
(Quatre mille.
CINQUIEME ENCHÉRISSEUR
Trois mille.
BARBAZE.
Trois mille florins.
JAPIOT, à part.
Bé! je me fais de la bile.
Suis-je sot!
BARBAZE, au sixième enchérisseur, qui lève la main. .
Q^ue dit-on, là?
SIXIEME ENCHERISSEUR.
Deux mille cinq cents.
CINQUIEME ENCHÉRISSEUR
Deux mille.
BARBAZE.
Allons, messieurs; hâtez-vous!
JAPIOT.
Je descends A mille.
PREMIER ASSESSEUR, aîltiniailt UH feu.
Premier feu.
j A p I o T , à Barha:^e.
C'est pour moi.
B A R B A z E , avec itii sigiie ajjirmatif.
Voyez vite!
PREMIER ASSESSEUR, aUumaut un autre feu. Second feu.
Qu'attend-on?
JAPIOT, anxieux.
Bé!
PREMIER ASSESSEUR, alluiiiaiit UH troisième feu. Dernier feu.
J'invite A parler sans retard les gens plus modérés.
JAPIOT, h dernier feu s\' teignant.
J'ai gagné. La chandelle est morte.
BARBAZE, à Japiot.
Vous jurez, La main sur votre cœur, sans réticence aucune, D'épouser Gordane?
JAPIOT.
Oh! plutôt mille fois qu'une.
Je le jure, monsieur, et je le jure encor. Je suis riche! Où peut-on toucher?
Le second assesseur lui remet les sacs d'or donnés par Zab.
Que d'or! que d'or!
Maintenant, vous devez emmener votre épouse.
JAPiOT, après une hésilalion.
Bé! la poule aux florins! Baisons.
// embrasse GorJane. Puis, observant Fouquette. L'autre est jalouse.
Je la rattraperai plus tard, adroitement.
BARBAZE, agitant sa sonnette dans le bruit des bavardages.
Messieurs, nous suspendons la séance un moment.
Mouvement de la foule et rumeur confuse. Ou commence à s'en aller.
Un mot de plus! Veuillez écouter... Patience!
On s'arrête et on se tait.
C'est au Parvis que nous reprendrons l'audience; La princesse Rolande,
// se découvre respectueusement.
ici, dans peu d'instants, Doit se prononcer, elle, entre ses prétendants.
Il descend du tribunal, sort avec sa suite, et presque tout le monde quitte la salle.
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