ACTE II
Dans la campagne de Luiserne, à l'entrée des jardins royaux. Plus loin, sur le Rhultor, on entrevoit le Pont Croulant.
SCE'K.E TTlEî\CIETlE FLORUS, LOTH.MRE, la suite de Florus.
Non, rien ne me rend plus la paix intérieure. J'ai beau chercher l'oubh', le silence; à toute heure Une pensée, un mot ravive mes chagrins. Quatre jeunes gens fiers, tous princes souverains, Ont fini sous nos yeux dans une mort stérile.
Il me semble les voir, là, pleins d'espoir fébrile, A cheval devant nous, au-dessus du ravin. Nous fîmes tout pour les arrêter. Tout fut vain.
FLORUS
Jadis, Rolande avait une bonté si franche!
Je songe aux voyageurs sauvés de l'avalanche,
Qu'elle voulut veiller sans repos, nuit et jour, Elle-même.
Une fois, des rustres d'alentour, Ayant pris des oiseaux, leur crevaient les prunelles; Contre la lâcheté de ces brutes cruelles. Je me rappelle encor ses larmes, son courroux.
Ah! que n'avons-nous pu la garder près de nous, Lui parler à loisir, sans témoin qui l'irrite! Pourquoi, secrètement, a-t-elle été si vite S'enfermer seule, au loin, dans cette vieille tour? Lorsque, si tard, hélas! on obtint son retour. Le dernier prétendant, au fond du précipice, Avait été brisé.
Quelque noir maléfice A fait passer en elle un délire exalté.
Mais la procession, devant le Pont Hanté, Saura, par le secours des formules bénies, Exorciser enfin les malfaisants génies.
Dieu le veuille!
F LORUS.
O Dieu bon, je joins vers vous les mains. Vous savez combien sont aveugles les humains; Ramenez mon enfant à la douceur première. Et vous. Vierge Marie, espérance et lumière,
LIBRES C CE URS 6f
Au nom de votre fils Jésus, divin martvr, Pénétrez-la d'un pur et profond repentir. Nous vous implorons tous, écoutez notre plainte. Chaut religieux à la cantonade.
Voici venir déjà la procession sainte.
Floriis et Lothaire vont se joindre à la procession.