ACTE ÎI
La campagne, près de Messine. Bouquets d'arbres. Ruines. Au fond, se dressent les murailles du château royal. Clair de lune. De légers nuages courent dans le ciel.
SCÈ'KE TTIE M I ETIE
FABIUS, seul, feutre rabattu, cape brune jetée sur le visage.
La nuit est faite exprès pour nous. Ah ! quel bon airi On y voit juste assez, sans y voir par trop clair. Là-haut, sous son flottant capuchon gris, la lune Semble sournoisement sourire à ma fortune. Ai-je la clé de !a poterne ? Voyons! Oui. Je sortirai parla, c'est plus sûr aujourd'hui.
// s'éloigne et disparaît.
SCEX^E II
RANDAZZO, TRASTAVA, SMORFI, Trois Siciliens, puis PASCAL, JEROME, NÉRIS.
RANDAZZO, à Siiiorfi et à deux de leurs compagnons.
Tous trois, vous attendrez derrière ces décombres,
Cachés dans l'om.bre épaisse et sous vos manteaux sombres,
L'œil et l'oreille au guet. Quand le fer sur le fer
Aura bien fait tinter son cliquetis d'enfer.
Quand la lutte sera de tous points engagée,
Vous sortirez, avec une ardeur enragée.
Et nous prendrons ainsi nos gens des deux côtés...
SMORFI.
En leur disant: « Messieurs les chanteurs, déchantez! »
TRASTAVA.
c'est un plan simple, mais parfait.
RAN DAZZO.
Je le suppose!
La guerre, en résumé, ce n'est pas autre chose.
SMORFI.
Très vrai!
RANDAZZO.
Mais procédons avec célérité.
La lune ôte son voile et répand sa clarté,
En lissant sur son front ses cheveux de filasse;
Smorfi devrait aller reconnaître la place.
SMORF I.
Bon!
Trouvez un recoin tranquille, et restez-y.
TRASTAVA.
Dépêchez-vous; nos gens vont vous surprendre ici.
SMORFI.
S'ils étaient aussi fins que nous? Bah! camarades, Gagnez toujours du temps avec force parades.
Smorfi emmène ses deux Siciliens. Miiniit sonne.
RANDAZZO.
Minuit! Et rien encor! Voilà bien le palais, Cependant.
TRASTAVA.
Se sont-ils égarés?
RANDAZZO, an troisième Sicilien.
Cherchons-les.
Ils s'éloignent. Pascal, Jérôme, Néris, arrivent du coté opposé.
PASCAL
Comme un jeune étourneau, toujours tu te hasardes.
JÉRÔME
Us m'avaient insulté.