‹ Théâtre légendaireChapitre 57 sur 74 · SCE'H.E V ROGER, PASCAL · texte numérisé non relu

SCE'H.E V ROGER, PASCAL

PASCAL

Courage, frère !

Et là, cette nuit même, Son père m'avait dit tout bas : « Elle vous aime! » Il m'accordait sa main, il rendait grâce à Dieu!

PASCAL

Mais qui t'a fait venir, comme nous, en ce lieu?

ROGER

(Qu'importe?

PASCAL

T'avait-on révélé tout?

ROGER

Qu'importe ?

Béatrice est pour moi désormais une morte.

PASCAL

Nous nous vengerons d'elle.

ROGER

Il vaut mieux l'oublier.

Sous cet affront sanglant tu ne saurais plier.

ROGER

Mérite-t-elle encor l'honneur de ma vengeance?

PASCAL

Est-elle digne encor de la moindre indulgence?

ROGER

Contre une femme, il n'est, un tel acte accompli.

Qu'une arme, le silence, et qu'un recours, l'oubli. Je méprise et je hais le mépris et la haine.

PASCAL

Quoi! tu n'es pas jaloux?

ROGER

La jalousie est vaine, La jalousie a tort; elle estime toujours Trop ou trop peu l'objet de trop lâches amours.

PASCAL

Mordieu! je ne sais pas, lorsque l'on me défie, M'abriter à loisir dans ta philosophie.

Et l'homme heureux, pour qui son amour est si grand. Tu ne le maudis point?

ROGER

Il m'est indifférent.

Toi, cesse d'aviver et d'exaspérer, frère. Une atroce douleur. Adieu.

Que veux-tu faire?

ROGER

Je veux, Pascal, ne plus trouver dans tes regards L'obsédant souvenir qui me poursuit. Je pars. Laisse-moi seul.

PASCAL

Enfin...

ROGER

Enfin, c'est chose dite.

Que nul ne me console, et que nul ne m'irrite; Plus un mot! Nous quittons la Sicile demain. Dès l'aube, qu'on soit prêt à se mettre en chemin: Tu préviendras les chefs.

Ro^cr sort.

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