SCE'H.E V ROGER, PASCAL
PASCAL
Courage, frère !
Et là, cette nuit même, Son père m'avait dit tout bas : « Elle vous aime! » Il m'accordait sa main, il rendait grâce à Dieu!
PASCAL
Mais qui t'a fait venir, comme nous, en ce lieu?
ROGER
(Qu'importe?
PASCAL
T'avait-on révélé tout?
ROGER
Qu'importe ?
Béatrice est pour moi désormais une morte.
PASCAL
Nous nous vengerons d'elle.
ROGER
Il vaut mieux l'oublier.
Sous cet affront sanglant tu ne saurais plier.
ROGER
Mérite-t-elle encor l'honneur de ma vengeance?
PASCAL
Est-elle digne encor de la moindre indulgence?
ROGER
Contre une femme, il n'est, un tel acte accompli.
Qu'une arme, le silence, et qu'un recours, l'oubli. Je méprise et je hais le mépris et la haine.
PASCAL
Quoi! tu n'es pas jaloux?
ROGER
La jalousie est vaine, La jalousie a tort; elle estime toujours Trop ou trop peu l'objet de trop lâches amours.
PASCAL
Mordieu! je ne sais pas, lorsque l'on me défie, M'abriter à loisir dans ta philosophie.
Et l'homme heureux, pour qui son amour est si grand. Tu ne le maudis point?
ROGER
Il m'est indifférent.
Toi, cesse d'aviver et d'exaspérer, frère. Une atroce douleur. Adieu.
Que veux-tu faire?
ROGER
Je veux, Pascal, ne plus trouver dans tes regards L'obsédant souvenir qui me poursuit. Je pars. Laisse-moi seul.
PASCAL
Enfin...
ROGER
Enfin, c'est chose dite.
Que nul ne me console, et que nul ne m'irrite; Plus un mot! Nous quittons la Sicile demain. Dès l'aube, qu'on soit prêt à se mettre en chemin: Tu préviendras les chefs.
Ro^cr sort.