‹ Théâtre légendaireChapitre 56 sur 74 · SCE'K.E IV · texte numérisé non relu

SCE'K.E IV

Les Mêmes, SMORFI.

Roger arrête, l'èpée à la main, Smorfi et ses deux compagnons. Smorfi tombe blesse. Les deux Siciliens s'enfuient.

SMORFI.

A moi!

Dans le fond de la scène, aux cris de Smorfi, le duel est susp ndu; les six combattants accourent.

ROGER

Pascal ! Jérôme I

PASCAL

Roger !

RANDAZZO.

Le prince ici !

JÉRÔME

Ce n'est pas son fantôme.

C'est moi, rassurez-vous. Des gens d'aspect douteux, Muets, l'épée au vent, couraient à vous. L'un d'eux Reste sur le terrain. Je l'ai blessé.

SMORFI.

J'expire.

Vite, secourez-moi.

JÉRÔME

Quel est ce triste sire?

TRASTAVA.

Smorfi !

ROGER

Vous connaissez cet homme?

PASCAL

Vos amis, Pendant notre combat, n'étaient pas endormis.

RANDAZZO, agenouillé près de Smorfi.

Il souffre, il perd son sang; épargnez-lui l'injure!

A Smorfi.

Dis-moi, pauvre garçon, crois-tu que la blessure Soit grave?

SMORFI.

J'en ai peur.

PASCAL

Ici, que faisait-il?

ROGERDENAPLES 227

SMORF I, d'une voix faible j hésitante et entrecoupée.

Ce que je faisais, moi? Ce n'est pas bien subtil.

Nous dévalions de nos galantes aventures...

Mon Dieu, oui!... Nous aimons les douces créatures'...

Puis, de loin, tout à coup, nous voyons un combat;

Nous disons : « Des bandits... bien sûr... font ce sabbat...

Pour dérober leur bourse à des gens très honnêtes.

Qui viennent... comme nous... de quitter leurs conquêtes. »

Et bravement, sans plus songer à nos amours,

Nous dégainons alors pour leur porter secours...

Mais aurais-je déjà la fièvre et le délire?

Regardez !

// montre du doigt le chdleau. Tous se retournent, lèvent les yeux, et aux rayons de la lune, que voilent et dévoilent les nuages, ils aperçoivent, sur le balcon de la princesse, une femme qui a toute l'apparence de Béatrice.

JÉRÔME

La princesse?

ROGER, reculant hagaid.

Ah!

PASCAL

Tout l'enfer conspire.

JÉRÔME

Que fait-elle? On dirait qu'elle fixe au balcon Une échelle de soie.

Un homme y monte.

JÉRÔME

Non, Cela n'est point réel.

RAN DAZZO.

Dans ses bras! Une étreinte, Un baiser! Disparus!

JÉRÔME

Je ne sais quelle crainte M'oppresse.

PASCAL

Au clair de lune, on voyait par moments Briller son diadème orné de diamants.

JEROME

Serions-nous, par erreur, devant l'hôtellerie Du diable? Assurément quelque sorcellerie Tout à l'heure nous a trompés.

L'homme revient.

JÉRÔME

Avec elle!

C'est bien Béatrice.

RANDAZZO.

Il la tient, Il la contemple. Encore un baiser sur ses lèvres.

PASCAL

Ce n'est pas un mirage évoqué par les fièvres, Et vraiment je n'ai pas les yeux hallucinés.

Ils rentrent.

On dirait qu'ils se sont retournés.

JEROME

Plus rien. Comprenez-vous aventure pareille?

ROGER, à Jérôme.

Qu'on transporte chez nous cet homme; et qu'on réveille Maître Jean Fabrello, notre vieux chirurgien. Vous ferez sans tarder tout ce qu'il faudra,

JÉRÔME

Bien.

ROGER, à tous les assistants.

Ce que nous avons vu doit pour vous être un rêve, Qlu s'oublie aussitôt que le soleil se lève; Vous entendez, messieurs. J'aime les gens discrets; Si vous disiez un mot, je vous démentirais. Allez!

Randaiio et Trastava emportent Siiiorfi; tous sortent, sauf Rocrer et Pascal.

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