‹ Théâtre légendaireChapitre 59 sur 74 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

La salle des gardes, au château royal.

FABIUS, JÉRÔME, RANDAZZO,

FABIUS

Pascal a donc tenté l'assaut!

JEROME

A vingt reprises Il s'est meurtri les bras sur les murailles grises; Et l'escalade étant impossible, il a dû Rester, attendre. Il a vainement attendu.

FABIUS

Le galant avait-il, pour fuir d'un cœur paisible. Cet anneau de Gygès qui vous rend invisible?

JÉRÔME

Vous raillez; prenez garde!

FABIUS

Oh ! je dis simplement Que c'est particulier.

JÉRÔME

Pour comble de tourment, Personne n'a revu le prince.

FABIUS

Autre mystère!

JÉRÔME

Le prince nous avait ordonné de nous taire; Mais s'il ne revient pas, nous sommes résolus A le venger. D'ailleurs, tâchons d'en savoir plus; A tantôt.

// sort.

FABIUS, à part.

Tout va bien. Que Pascal déshonore La princesse, et, ma foi! tout ira mieux encore.

SCÈ'K.E II FABIUS, RANDAZZO.

FABIUS

Ainsi, tu t'es trouvé, Randazzo, cette nuit. Dans cet affreux esclandre.

ROGERDENAPLES 2]<)

RANDAZZO.

Ils en mènent grand bruit.

FABIUS

Qu'ils en mènent grand bruit, si cela peut leur plaire! Pour nous, c'est différent.

RANDAZZO.

Eh quoi?

FABIUS

Laissons-les faire.

RANDAZZO.

Ce bavard vous disait : « Prenez garde! » d'un ton Qui devrait lui valoir la corde ou le bâton.

Ces gens perdent l'esprit.

RAN DAZZO.

Il faut que cela cesse.

FABIUS

Bah!

RANDAZZO.

Nous les laisserions accuser la princesse! Tous ces Napolitains nous feront-ils la loi?

FABIUS

Non. Mais je l'aurais craint, si le fils de leur roi Avait, selon ses vœux, épousé Béatrice.

RANDAZZO.

Il voulait l'épouser, Roger?

FABIUS

Avec délice.

Comment le savez-vous?

FABIUS

Là, sans penser à mal, Jérôme me l'a dit, qui le tient de Pascal. Déjà, m'a-t-il narré, la demande était faite; Le prétendant avait parlé pendant la fête.

Et qu'avait dit le roi ?

FABIUS

Vite il avait dit oui.

Plus vite encor, voilà leur rêve évanoui.

RANDAZZO.

Tant mieux!

FABIUS

Puis, si Pascal accuse Béatrice, S'il persiste, soutient sa haine accusatrice, Les armes à la main, et si nul chevalier N'a sur lui l'avantage en combat singulier, Aux termes de la loi, la princesse est déchue.

RANDAZZO.

Que l'ami Belzébuth à la patte fourchue L'emporte en ses états !

FABIUS

Le mot est un peu vif.

RAN DAZZO.

Du coup VOUS devenez héritier présomptif! Autrement, nous étions des gens de pauvre mine, Abolis, ruinés, en proie à la vermine; Mgis nous sommes sauvés!

Tu peux compter sur moi, Randazzo, si, le ciel nous aidant, je suis roi. A quoi songes-tu donc?

Au point où nous en sommes, Ne serait-il pas bqn de voir nos gentilshommes, De rassurer leur cœur, d'éclairer leur cerveau, Et de tout leur montrer sous cet aspect nouveau!

FABIUS

Oui, peut-être, en douceur. Voici la grande salle Qui s'emplit d'empressés. Chaque figure exhale La curiosité. Prépare tout. H faut Battre, en bon forgeron, le fer quand il est chaud.

RANDAZZO.

Vous serez satisfait... sire !

Fabius sort.

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