‹ Théâtre légendaireChapitre 60 sur 74 · SCE'H.E III · texte numérisé non relu

SCE'H.E III

RANDAZZO, BRASSANO, LINOSA, STELTI, Gentilshommes siciliens.

LINOSA

Quelle aventure!

brassano.

C'est invraisemblable.

STELTI .

Eh ! tout est dans la nature.

L INOSA.

Justement, j'aperçois Randazzo, qui, dit-on, A suivi, d'un œil froid, la scène du balcon.

STELTI.

Qu'as-tu vu, Randazzo?

Tous les assistants se groupent autour de Randat^io.

RANDAZZO.

Ce qu'on ne saurait croire Sans l'avoir vu.

BRASSANO.

Pourtant, de loin, dans la nuit noire, On pouvait s'y tromper.

Non, malheureusement.

Le clair de lune était superbe à ce moment. Il me semble encor voir briller le diadème Sur son front...

C'était bien la princesse?

Elle-même!

BRASSANO.

Un tel air de candeur, un sourire si pur!

J'en reste, autant que vous, surpris; mais j'en suis sûr. O femmes! Pour ma part, j'ai connu dans Catane La fille d'un drapier...

STELTI.

Bon! quelque courtisane!

Non pas! Un séraphin! Elle avait la beauté D'une source limpide et fleurie, en été. Blonde, regard d'azur et naissante poitrine. Elle aurait pu poser pour sainte Catherine, Quand elle travaillait, assise auprès du seuil. Sa mère l'éduquait avec un tendre orgue En lui disant bonjour, je me sentais timide

STELTI.

Pas pour longtemps!

RANDAZZO.

Si fait. Et quel accent placide!

Convoiter son amour me semblait un péché. Un soir que j'étais gris, elle m'a débauché.

L INOSA.

Ce Randazzo!

RANDAZZO.

Messieurs, l'histoire est authentique.

L 1 NCSA.

Ce n'était, après tout, qu'un tendron de boutique. Mais il paraît, Stelti, que le seigneur Pascal Est furieux.

STELTI.

Vraiment!

Cela nous est égal.

LINOSA

Ses amis parlent tous d'une traîtrise obsci/re.

RANDAZZO.

Les niais !

L INOSA.

Devons-nous supporter leur injure?

RANDAZZO.

Je me battais contre eux à minuit. Je voudrais Les savoir quelque part, où l'on se trouve au frais Pour toujours. Et dans cette humeur, je m'intéresse Très médiocrement à la jeune princesse.

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