‹ ThéâtreChapitre 192 sur 335 · SCÈNE Xir · texte numérisé non relu

SCÈNE Xir

CÉCILE

Gela n'était pas bien difficile.

MALINVAL,

Pardonnez-moi, très-difficile, parce qlie la richesse de votre père.... Mais enfin j'ai peint le jeune homme sous des couleurs si avantageuses, si intéressantes...,

CÉCILE

Vous le connaissez donc ?

MALINVAL.

Beaucoup, et je Taime de tout mon cœur. Il ne me reste plus qu'à servir mon jeune ami auprès de vous. Je vous dirai d'abord que c'est un jeune homme à qui les sacrifices ne coûteront rien pour s'attacher à vous.

CÉCILE

Comment! les sacrifices ? Que voulez-vous dire?

MALINVAL.

Qu'à son âge, il est impossible qu'on n'ait pas quelque intrigue ; et je sais de bonne part qu'il a été en grand commerce de galanterie avec une très-aimable dame.

CÉCILE

Que dites- vous? Quoi ! Armand, ce jeune homme si délicat, que je me flattais d'avoir rendu sensible, il se pourrait J...

MALINVAL, à part.

Bon ! la voilà jalouse ; elle l'aimera.

• CÉCILE

Mais êtes-vous bien sûr de ce que vous dites ?

MALINVAL.

Vous entendez fort bien qu'on n'avance pas des faits de cette importance sans les preuves les plus positives;

mais soyez tranquille, il sait comme mi galant homme doit se conduire ; la belle vous est déjà sacrifiée.

CÉCILE

Et vous dites que cet homme-là m'aime ?

MALIN VAL

Oui, sans doute, il vous aime raisonnablement, non pas comme dans les tragédies, mais comme on aime pour épouser. Quand on vous a vue, quand on vous connaît, comment cesser de vous aimer? c'est ce qui paraîtra toujours inconcevable; mais vous savez qu'un

caprice, une fantaisie.... Et puis, un jeune homme

Enfin on ne peut répondre de rien dans ce bas monde ; mais, au moins, à Tégard des procédés, c'est un homme vraiment rare. C'est que vous êtes loin d'avoir en lui un de ces tyrans jaloux, toujours enfermant leurs femmes sous les verroux ; un de ces maris avares, qui ne laissent pas à une femme de quoi satisfaire ce goût si innocent de la parure et de la bienséance 1

céciLE.

Eh! mais, je suis bien loin de jamais prétendre....

MALIN VAL

Attendez, attendez, vous n'y êtes pas. Vous recevrez la belle compagnie; vous irez partout, dans les fêtes, les bals, les concerts ; la plus grande liberté dans votre toilette : vous vous habillerez à la turque, à la grecque, à la romaine; votre mari sera homme à payer vos dettes, pourvu qu'elles ne s'élèvent pas trop haut; il aurait tort, d'ailleurs, de faire le difficile : la dot que vous lui apporterez, et les affairés qu'il fera.... car je suis bien aise de vous dire qu'avec lui, si vous voulez augmenter votre fortune, il ne tiendra' qu'à vous ; il vous mettra au courant. Vous saurez à propos assiéger les bureaux, solliciter les gens en place : cela fait bien ; on en retire toujours des bijoux, des diamants, des ca-

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