‹ ThéâtreChapitre 206 sur 335 · ARMAND, LAMBERT · texte numérisé non relu

ARMAND, LAMBERT

Lambert'.

Tenez, tenez, le voilà, Durmont ; yoilà sa fiUe*

MALINVAL.

Il va tout gâter.

Mademoiselle, monsieur Durmont, après les marques d'amitié que Ce matin encore vous m'avez données, il m'est impossible de supporter votre froideur; si ma présence vous déplaîtj je saurai vous en délivrer.

DtJRMONti

Non, mon ami, vous resterez ; pardonnez-moi d'avoir pu croire un instant aux discours de Malin val ; mais ne nous plaignons pas : si l'un vous a nui en voulant vous servir, l'autre, en voulant vous nuire, vous a bien mieux servi.

Mais au moins qu'il me soit permis de vous explitjUér comment ce cheuigement de nom, dont je sais que Vous êtes instruit, n'a rien que d'honorable.

DURMONt.

ie lé sais, je sais tbut : vous vous nommez Valberti et voua êtes le fils de mdn bienfaiteur, de celui qui, au

moment de s'embarquer à Nantes, me força d^acceptef pour moi, pour ma mère, les premiers mille écus que jîaie possédés et qui ont été la source de ma fortune ; je voulais le remercier : « Ne croyez pas, me dit-il, que je vous donne cette somme, je vous la prête; lorsque vous serez assez riche pour vous en passer, vous la rendrez, non pas à moi, mais au premier honnête homme que vous trouverez dans une position semblable à la vôtre *. »

MALINVAL.

Un beau trait!

LAMBERT

Un homme rare !

MONTBRUN

Il paraît que je contribue à une reconnaissance pathétique....

DURMONT.

C^est vous, jeune homme, que je reconnais pour mon créancier. Recevez donc la main de ma fille et trente mille francs outre sa dot ; ces trente mille francs, vous les porterez sur le contrat de mariage.

Mais c'est beaucoup plus....

DURMONT.

Et les intérêts de vingt ans ! A les prendre au cours d'aujourd'hui, je me trouve encore votre débiteur : ma fille.... je vous la donne; mais l'argent, je ne fais que vous le prêter aux conditions qui m'avaient été imposées par votre père.

MALINVAL.

Toujours aimable, toujours gai, le cher Durmont.

*0n attribue ce trait à Franklin. Voilà ce qu*ir dit, m*a-t^a assuré, à un homme honnête et malheureux qu'il obligeait de sa bourse suivant ses moyens. J'ai grossi la somme prêtée ou plutêt donnée, en vertu du privilège que les auteurs comiques s'arrogent de distribuer dans leurs comédies Tor et l'argent à pleines mains.

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