‹ ThéâtreChapitre 21 sur 335 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

MARIB.

Voyons.

GABRIEL

G*est comme un exemple de maître écrivain.

MARIB, parcourant le papier,

« Le laquais habille le valet de chambre.... qui va chez milord.... Les subalternes se dédommagent de leur soumission.... »Attendez-donc; j'y suis; je devine, je crois.

GABRIEL

Eh! quoi donc?

MARIB.

Je sais d'où provient Thumeur de mon oncle. Oui, quand ce papier eût été mis là exprès.... Il est arrivé de grands événements depuis notre conversation de ce matin.

GABRIBL.

Ehl quoi donc?

MARIB.

Ma maîtresse a perdu Azor. v

GABRIBL.

Qu*est-ce que c'est qu'Azor?

MARIB.

Son petit chien.

GABRIBL.

Et quel rapport...

MARIB.

Elle en est au désespoir. Le colonel est venu pour la voir, je ne sais ce qu'ils se sont dit, mais madame est rentrée tout en larmes dans son boudoir. J'ai vu le colonel sortir très-irrité. Il prononçait le nom de madame et de M. Dorsay. Il jurait de ne plus remettre les pieds dans cette maison; oui, c'est cela. Le colonel, maltraité par ma maîtresse, aura maltraité M. Dorsay, qui a besoin II 2.

de lui. M. Dorsay s'en sera vengé sur mon oncle» mon oncle s'en est vengé sur vous.

GABRIEL

Vous croyez?

MARIE

Il vous en veut, parce qu'il a h se plaindre de son maître. Quand je vous disais que souvent les petites causes amenaient les grands effets.

IrABRIBL, cherchant son mouchoir, prônant la cravulo quo Marie lui a donnCc, qu'il a mise dans sa poche, et la déchirant sans y prondro gai-do.

Et moi je ne peux m'en venger sur personne... Ah! qu'on est malheureux de se trouver le dernier de tous dans une maison !

MARIE

Qu'est-ce que vous déchirez donc là?

GABRIEL

Ah! Ciel! c'est la cravate que vous m'avez donnée.

MARIE

Vous faites un grand cas de mon cadeau, à ce qu'il me paraît.

GABRIEL

Pardon, cent lois pardon, mademoiselle Marie; mais je ne sais à qui m'en prendre. C'est ce que je possède de plus cher ; et ma foi, dans mon chagrin...

MARIE

Vous déduirez mon cadeau, vous m'apprenez ce quo je dois faire du vôtre.

GABRIEL

Ahl.^aâomoiseUe, ne me forcez pas à le reprendre, je vous en prie. Gardez-le comme un souvenir du pau- -vre GrÉ^briel.

MARIE

Ûalmea^voua \ non, je no vous forcerai pas à le re-

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