FLORIDOR, MADAME FLORIDOR, LISE
LISE
Ce qu^on vient de me dire serait-il vrai, mon cousin le comédien? ma cousine votre femme est revenue de la campa^e?
FLORIDOR
Oui, ma chère enfant, la voilà.
LISE
Ah! ma cousine, que j'attendais votre retour avec impatience I
MADAME FLORIDOR
Mademoiselle....
LISE
Votre mari vous aura raconté tous mes malheurs, •toutes mes fautes; accusez-moi, plaignez-moi. Quoique mon père en ait agi bien durement avec* moi, je suis loin de lui en vouloir ; je n'en veux qu'à moi-même, d'avoir été assez faible pour quitter sa maison, de concert avec Auguste ; mais, en vérité, je n'ai pas pu faire
aulrement. C'est une fatalité qui m'a entraînée : heureusement, Auguste et moi ne pouvions tomber en de meilleures mains. Votre cher mari a été si indulgent pour nousl il nous a promis que vous le seriez aussi. Ahl je vous en prie, ma chère cousine, qu'il ait dit la vérité 1 car, voyez-vous, si vous ne daignez m'accorder votre appui, je suis bien malheureuse : nous n'avons plus que vous deux pour ressource , pour amis, pour parents.
MADAME FLORIDOR
Il est sûr, mademoiselle, que jusqu'à un certain point. ... je ne saurais blâmer mon mari.... Elle a vraiment, un son de voix qui touche.... Cependant je prendrai la liberté de vous dire.... Aidez-moi donc, monsieur Floridor, à lui parler sévèrement.
FLORIDOR
Éh ! mais, c'est toi qui t'es chargée d'être sévère.
MADAME FLORIDOR
J'entends bien ; mais, dès le premier abord, je ne peux pas lui dire des duretés.
LISE
Qu'avèz-vous donc? vous semblez vous consulter ensemble.
FLORIDOR
C'est qu'au moment où tu es entrée, petite cousine, ma femme me faisait certaines observations, dont le résultat....
LISE
Eh bien, le résultat?...
FLORIDOR
Est qu'il faut vous renvoyer sans délai, Auguste et toi, à vos parents.
LISE
Ah ! mon Dieu !