SCÈNE VII
d'hui, mais que démain sans faute ils vous verront; n'est-ce pas ?
FLORIDOR
Je vous le promets.
MADEMOISELLE BEAUPRÉ
Allons, je m'en vais, je vous laisse ; personne n'aime moins que moi à être importune. A propos, vous savez la nouvelle ? Floridor nous quitte, il a un engagement pour Lyon ; je crois qu'il fait une sottise ; il n'a pas assez de moyens pour jouer la tragédie, et il était si bien dans les petits-maîtres! Il veut vous acheter un habit.
FLORIDOR
Eh! mon Dieu! je ne les vendrai pas, je le prierai de l'accepter ; mais pardon encore une fois.
MADEMOISELLE BEAUPRÉ
C'est juste, je pars. Embrassez-moi, ma bonne Floridor; comme c'est aimable à vous de vouloir bien jouer dans ma représentation. C'est convenu, vous vous habillerez dans ma loge : vous verrez comme je l'ai fait arranger ; elle est charmante. C'est une petite galanterie que je vous ai ménagée. Eh bien, vous avez été bien surprise, en arrivant de la campagne, de voir chez vous le petit cousin et la petite cousine : ils sont bien intéressants, n'est-ce pas? Quand les mariez-vous, monsieur Floridor ? oh ! nous voulons être de la noce ; enfin vous êtes leur père.
FLORIDOR
Et c'est précisément pour avancer leur mariage qu'il faut que je cause avec eux et avec ma femme.
MADEMOISELLE BEAUPRÉ
Adieu, adieu ; je ne dis plus qu'un mot. J'ai reçu une lettre de Paris ; on a donné une pièce nouvelle qui a le plus grand succès; il y a un rôle de soubrette
magnifique, mais celui de Tamoureuse ne signifie rien : il faudra que vous vous serviez de votre influence, pour décider mademoiselle Monval à le jouer; vous me le promettez, n'est-ce pas>? Je me sauve.... Ah 1 j'oubliais : trois débuts très-brillànts, un drame tombé, un mélodrame aux nues ; c'est une rage ; mais ils auront beau faire^ ils ne tueront pas la comédie.