ACTE I, SCÈNE IV
DORSAL
Si tu veux, nous irons faire un tour de promenade ensemble.
BOURDEUIL.
C'est impossible ; il faut que tu restes ici pour acquitter cette traite de quatre-vingt mille francs, tandis que moi j'irai à la Bourse, où j'ai donné rendez-vous.
DORSAL
Gomment, est-ce que c'est aujourd'hui que cette traite échoit.
BOURDEUIL.
Ge matin même on doit se présenter.
DORSAL
Ah I dîable, je n'y pensais plus. Est-ce sur les fonds courants que nous prendrons ces quatre-vingt mille francs»
Non, ne touchons pas à la caisse ; je vais te les remettre; (il lire do sa poche des billots, et les donne à Dorsai^ qui les met dans son portefeuille.)
Tu me parlais tout à l'heure d'aller faire un tour, estce encore pour me mener rue Chantereine?
DORSAI, jnquieU
Que vëux-tu dire ? (a part.) Ah I mon DieUj est-ce qu'il se douterait;.;.
BOURDEUIL.
As-tu déjà oublié les deux factions que tu m'as fait faire, lorsque tu es monté chez je ne sais quelle personne . en me priant d'attendre à la porte ? Morbleu ! quand j'y pense, je sens revenir ma mauvaise humeur;
DORSAL
Eh quoil ai-je donc été si longtemps?
348 LES DEUX MENAGES.
BOURDBUIL.
Pendant plus d'une demi-heure je m'impatientais sous cette maudite porte cochère..., j'allais.... je venais..'.. Quelles affaires as-tu donc dans cette maison ?
DORSAL
Oh l une bagatelle, un recouvrement pour une opération que j'avais- faite avant que nous fussions associés.
BOURDEUIL.
Est-ce que tu crains de perdre quelque chose ?
DORSAL
Non ; mais j'attendrai peut-être longtemps.
BOURDBUIL.
Tant pis; quant à moi, je me rappellerai longtemps la rue Ghantereine.