ACTE lU, SCENE X
DORSA.I.
Ouï, ma Clémentine, et tu es loin de soupçonner le coupable ; mais il est temps que tu le connaisses. .. . C'est. . .
MADAME MONT ALAN, très-vivement.
M. deBrémont.
MADAME DORSAI , avec la pi un • rande surprise.
M. de Brémont!
DOBSAI, à part.
Oh ! quelle heureuse idée I il y a toujours de la ressource avec les femmes d'esprit.
MADAME MONTALAN.
Oui, ce monsieur dont je t'ai parlé ce matin.
Et voilà comme, sans s'en douter, les honnêtes g«ns sont victimes des mauvais sujets.... Mais ce M. de Brémont, que ÎDorsai et moi connaissons parfaitement, aura de mes nouvelles.... Il ne sera pas dit que j'aurai été tourmenté impunément pour des fautes qui ne sont pas les miennes.
MA.DAME DORSAI, à Bourdeuil.
Mais quand on a parlé de lui ce matin vous n'avez pas pris la parole.
BOURDEUIL.
Je n'avais garde de me vanter de le connaître.... Un homme marié qui fait le libertin ! c'est un homme à ne pas voir. (Bas à Dorsai.) J'espère que lu dois être content de moi.
MADAME DORSAI, bas à madame Monlalan.
Mais comment se fait-iH...
MADAME MONTALAN, bas à madame Dorsai.
Silence 1
MADAME DORSAL à part.
Ah! je devine 1
MADAMB BOURDBUIL, de même.
Cette chère madame Dorsai, si elle savait....
MADAME DORSAI, & pari.
Cette pauvre madame Bourdeuil, comme on Tabuse ! (Haut.) Puisque tout le monde est réconcilié, ne nous occupons plus que du plaisir qui nous attend demain. (om-ant son portraii à Dorsal.) DoFsai , mon ami, tu sais que c'est aujourd'hui la veille de ta fête»... voici mon portrait que j'ai fait faire pour toi.... puisses-tu le conserver comme un gage de notre amour et de notre fidélité ! (Bas h Dorsai.) Je ne suis pas fâchée de l'à-propos; c'est une petite leçon pour M. Bourdeuil.
DOR*^AI, baisaiil le portrait de 8a femme avec altendrisseraent.
Ton portrait! est-il bien vrai, ma Clémentine? Ohl il ne me quittera jamais!... tu ne peux pas te faire une idée du trouble, de Témotion que j'éprouve ! (a pan.) Ah ! ce dernier trait est pour mon cœur le plus cruel de tous les reproches !
BOURDEUIL, bas à Dorsai.
Tu pourras le mettre dans ton portefeuille; la place est vacante.... (Haut.) Allons maintenant aux Bouffes; il est temps. Si nous y rencontrons M. de Brémont, nous nous^gayerons à ses dépens. Toi, Dorsai, qui fais si bien les sermons, tu lui feras sentir que ce genre de vie ne saurait convenir à un négociant. Tu lui diras qu'il s'occupe du cours des changes, de sa correspondance, de la tenue de ses registres, et que dorénavant il ne fasse plus l'amour en partie double.