‹ ThéâtreChapitre 296 sur 335 · SOEUR AGNÈS · texte numérisé non relu

SOEUR AGNÈS

Ah ! j'entends bien comme la foudre gronde.

Et chaque éclair me fait mourir de peur.

SOEUR JOSÉPHINE

C'est peut-être la fin du monde.

Voici l'heure du jugement.

ENSEMBLE

Grand Dieu-! votre bonté M lasse, Que votre volonté se fasse; Mais^épargnez notre couvent.

. (loi Vorfig« «'ftpftifté un peu.)

SOBUR AGSkS.

Ah ! ma sœur, ma sœur, quel dommage Vous m'avez fait en m'éveillant!

Je faisais un rêve charmant, Car je révais de mariage.

L'amour avait surpris mon cœur, Et par l'hymen j'étais liée.

Est-ce un péché, ma chère sœur.

De rêver qu'on est mariée?

SOEUR JOSÉPHINE

Sur un fait de cette importance, Je ne prononce pas, ma sœur; Car c'est un cas de conscience.

Consultons notre directeur.

Mais, de ce rêve si flatteur, . Je suis pour vous tout effrayée.

C'est peut-être un péché, ma sœur, De rêver qu'on est mariée.

(L'orage 'redouble.) SOEUR AGNÈS.

Voilà l'orage qui redouble.

Je sens redoubler ma frayeur; Ce maudit rêve dans mon cœur Répand encore un nouveau trouble; Avai\t de voir mon directeur. Je trem' le d'être foudroyée ; C'est sans doute un péché, ma sœur, De rêver qu'on est mariée.

Page 1