VIII INTRODUCTION
Petite Ville {\^^\)^ Duhautcours ou le Contrat d'union (1801), les Provinciaux à Paris (1^02), le Mari ambitieux ou V Homme qui veut faire son chemin (1802), le Vieux Comédien (1803), Monsieur Musard ou Comme le temps passe {\SO^)Jes Tracasseries ou Monsieur et Madame Tatillon (1804).
Les représentations de l'Opéra-buffa italien avaient lieu deux ibis la semaine dans la salle Louvois. En juillet 1804, rOpéra-buffa fut mis souâ la direction de Picard, et le théâtre prit le titre de. théâtre de V Impératrice (1). La production de Tauteur-directeur n'en fut point ralentie : il donna de 1804 à 1807 : VActe de naissance (1804), le Susceptible (1804), L'Intrigant et la Dupe ou Bertrand et Raton (1805), la Noce sans mariage (1805), les Filles à marier (1805), les Marionnettes ou un jeu de la Fortune (1806), la Manie de briller (1806).
Le 15 janvier 1807, les Ricochets reçoivent un accueil enthousiaste. Demandé à grands cris après la pièce, Picard est forcé de reparaître. Un M, Villiers lui jette ce quatrain impromptu :
Au dialogue, à la manière Dont Picard traite ses sujets, On voit que du goût de Molière Il hérita jpar ricochets l
Reprenons la suite de ses productions : V Influence des Perruques ou le Jeune Médecin (1807), /^ Mariage des deux grenadiers ou V Auberge de Munich (pièce de circonstance en l'honneur de la paix, 1807)^ VAmi de tout le monde (1807).
(1) La subvention annuelle de l'Opéra italien fut de 120.000 fr. Toiià les ans, le théâtre Louvois se trouva compris au budget des théâtres pour une somme de 10,000 fr. par mois.
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En mars 1807, Picard cesse d'être comédien. Il est reçu de l'Institut, en remplacement de Bureau de la Malle, en même temps que Laujon et Raynouard. Par décret du 1^*' novembre, il est nommé directeur et président du conseil d'administration de l'Opéra ; ses travaux littéraires /S'accommodent moins de ces nouvelles fonctions que des précédentes.
Zes Capitulations de conscience furent jouées le 7 juin 1809; les Oisifs^ en octobre de la môme année; V Alcade de Molorido, en janvier 1810; Un lendemain de fortune ou les Embarras dit honheur, la Vieille Tante ou les Collatéraux^ le Café du Printemps^ en 1811.
L'année 1812 et les suivantes sont stériles : « que voulez-vous? écrivait Picard en septembre 1812 à son ami le comte Daru alors engagé dans la campagne de iRussie, que voulez-vous? Au moment où je vais commencer une scène, une danseuse vient me demander un pantalon, des souliers brodés, ou une jupe de crêpe, quoique nos règlements proscrivent le crêpe : un chanteur me fait dire qu'il est enrhumé, et il faut ou le menacer ou le flatter, si je ne veux pas que Paris manque d'opéra. Ah! mon cher et digne ami, qu'il y a loin de là à la coinédie! que je regrette mon petit théâtre ! »
Picard, ayant perdu sa femme le 8 septembre 1815, donna sa démission de directeur de l'Opéra, et fut remplacé par Choron; le 1*^'' novembre, il fut, selon son désir, renommé directeur de l'Odéon, à la place d'Alexandre Duval. L'ordonnance royale du 2 novembre met ce théâ*tre sous l'autorité du ministre de la Maison du roi. Le théâtre a une subvention annuelle de 27,000 francs, y compris 6,000 francs pour le payement de la loge réservée avi roi. Picard
X INTftODUCTION.
a 6,000 francs d'appointements comme directeur et est sociétaire. Alexandre Bavai publia contre son successeur un factum en vers ; Picard y répondit par. un mémoire très-modéré; et la querelle n'eut pas d'autres suites.
Entré en fonctions le l""^ janvier 1816, le nouveau directeur fait représenter le 8 février M. de Boulanville ou la Double réputation; le 10 août, les Deux Philibert égalent les plus grands succès obtenus par l'auteur. Le Capitaine Belronde^ Une matinée de Henri 1 V, Vauglas ou les Anciens amis, la Maison en loterie (avec Radet), appartienne!] t à Tannée 1817. Le vendredi saint, 20 mars 1818, la salle de l'Odéon est en partie détruite par un incendie. Le directeur et les sociétaires de l'Odéon trouvent vm as le à la salle Favart, où ils restent dix-huit mois. La nouvelle salle de l'Odéon est inaugurée le 6 janvier 1820. Picard fait jouer à la fin de cette année V Intrigant maladroit ou le Jeune sot et les bonnes gens. L'année suivante, prenant définitivement sa retraite, il quitte la direction du Second Théâtre-Français.
Il ne cessa pourtant pas de faire représenter des comédies, mais pour ces dernières pièces il eut touours des collaboratevn^s. Quelques-unes réussirent brillamment ; ainsi les Deux Ménages^ avec Wafflard e' Fulgence, représentés sur le Second Théâtre- Français, le 21 mars 1822; ainsi encore les Trois Qîiartiers, avec Mazères, joués à la Comédie française, le 31 mai 1827, eurent une vogue prodigieuse.
Outre ses nombreuses pièces de théâtre (il n'en a pas composé moins de quatre-vingt-quatorze, formant plus de trois cents actes, tant en vers qu'en prose), Picard publia des romans : les Aventures d'Eugène de Senneville et de Gfuillaume Delorme,
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en 1813, V Exalté, en 1823, le Gil Bios de la Rétolutio)i, en 1824, VHomiéte homme ou le Niais, en 1825, les Gens comme il en faut et les Petites gens^ en 1 826, et les Sept Mariages d'Éloi Galand, en 1 827. En 1822, il avait fait paraître, en collaboration avec Droz, les Mémoires de Jacques Fauvel, C'est encore une manière de Gil Blas, moins spirituel et plus honnête que celui de Le Sage. « Il aurait pu égayer et toucher, dit M. Mignet, si Picard n'avait pas cherché quelquefois à y être sentimental et Droz à y être comique. »
On voit par cette énumération quelle était l'activité de son esprit, quelles étaient les ressources de son invention. Il avait publié eh 1812, en six volumes, un recueil de, trente-trois de ses pièces. En 1821 il fit réimprimer ces six volumes et y ajouta quatre autres : deux volumes comprenant dix nouvelles pièces de théâtre; et deux volumes renfermant le roman. des Aventures d'Eugène de Senneville et de Guillaume Delorme, écrites par Eugène en il 87. Dans ce recueil, il fait précéder chacune de ses pièces d'im examen plein de franchise, où il devance et désarme, par conséquent, les sévérités de la critique, et où il montre en môme temps qu'il avait fait une sérieuse étude de son art. En tête de «chacune des pièces reproduites ci-après, on trouvera la préface de l'auteur.
Picard mourut le 31 décembre 1828, à l'âge de cinquante-neuf ans.
Donnons quelques explications sur les pièces dont nous avons composé ce volume.
xïi • INTRODUCTION,
Picard, dans la préface des Ricochets^ avoue sa préférence paternelle pour cette petite pièce. Les RicocJiets ont été unanimement loués. Voici ce qu'en dit le maître des feuillelonisles d'alors, le critique Geoffroy :
« L'idée ^q^ Ricochets est fraîche, ingénieuse et piquante. Les motifs de scène ne sont pas nouveaux ; mais le cadre est neuf. Le ton n'est point celui des autres ouvrages de Picard; il est plus élégant, plus léger, plus gracieux. On avait reproché à l'auteur d'être trop bourgeois ; ici c'est un homme de bonne compagnie. Cette comédie est d'un genre à part : elle n'est ni d'intrigue, ni de caractère, ni épisodique; c'est une série de situations piquantes qui s'enchaînent et se dénouent avec aisance; c'est une suite de tableaux parfaitement liés ensemble : on y voit le jeu bizarre des bassesses, des impertinences, des brusqueries, des cajoleries, des humeurs, des caprices qui circulent dans le monde, que les hommes se prêtent et se rendent, et dont ils font un commerce mutuel... Tout cela est gai, leste, court, amusant, moral; le succès a été complet, et se soutiendra longtemps. (17 janvier 1807.)
J. Janin prétendait voir dans les Ricochets le ré* sumé du théâtre entier de Picard.
La Vieille Tante ou les Collatéraux est une des grandes comédies de l'auleur. Interrogeons toujours l'opinion contemporaine :
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« Avant que le public eût demandé le nom de l'auteur, il s'était déjà nommé lui-môme; on avait reconnu sa manière, son naturel, sa gaieté, sa facilité, son excès d'abondance. Il y a une foule de personnages qu'il faut faire parler; ils ne peuvent pas tous dire des choses intéressantes, parce que les rôles ne ^ont pas considérables ; l'auteur excelle à les faire tous jaser, chacun suivant son état et son caractère. » (Geoffroy, 30 mai 1811.)
Monsieur Musard ou Comme le temps passe^ fit beaucoup de plaisir. « Le dialogue de cette pièce est yif, enjoué, et d'un comique original ; plusieurs traits du ridicule de M. Musard, produisent des situations fort plaisantes. On n'en demande pas davantage pour une bluette d'un acte. » (Geoffroy, 4 frimaire an XII.)
IVetV
Les Voisins sont une des trois petites pièces (voyez la préface des Ricochets) que Picard considérait comme ses chefs-d'œuvre en ce genre. A ce trio renommé, nous joignons le Vieux Comédien, qui est moins célèbre, mais qui offre beaucoup d'originalité et de fantaisie, et qui de plus a l'avantage d'être anecdotique. On sait, en effet, que Picard, dans le personnage du Vieux Comédien, voulut représenter l'excellent Préville qui, après avoir quitté le théâtre, s'était retiré à Senlis, et qui n'était mort que depuis trois ans (décembre 1799) lorsque le Vieux Comédien fut représentéi II n'est pas probable que l'histo-*