SCÈNE IL GABI^EL, MARIE
MARIE
Monsieur Gabriel.
gâbkiel.
Ah I vous voilà, mademoiselle Marie ?
MARIE
Peut-on causer ?
GABRIEL
Oui : votre oncle vient d'achever de coiffer monsieur, et il se coiffe lui-même, en attendant que j'aie appris, comme vous me l'avez conseillé, mademoiselle Marie.
MARIE
Et .d'ici je peux entendre la sonnette de madame.
OABRIBL, présentant la cage. «
Pour ne pas perdre de temps, mademoiselle, oserais-je prendre la liberté de vous prier d'accepter ,
MARIE
Oh! la jolie cagel Oh! le joli serin! C'est bien honnête à vous, monsieur Gabriel; mais je ne veux pas
demeurer en reste. (eUo lui donne une cravate enveloppée dans du
papier.) Tenez.
GABRIEL
Qu'est-ce que c'est? Une cravate de mousseline. Ah! mademoiselle, quelle bonté !
MARIE
C'est moi qui l'ai brodée, monsieur Gabriel.
GABRIEL
Hélas! que je suis encore loin de mériter tant de faveurs! Quand donc pourrai-je paraître un parti sortable à monsieur votre oncle?
MARIE
Patience, les choses sont déjà bien avancées. Voilà dix mois que, par le crédit de mon oncle, je suis entrée femme de chambre chez madame de Mircour, la nièce de M. Dorsay, son maître; voilà quinze jours que, par mon crédit, vous êtes entré comme jokey chez ce même moD sieur Dorsay.
GABRIEL
Et c'est bien agréable de demeurer ainsi dans la même maison.