ACTE II, SCÈNE X. 9i
MADAME SINCLAIR
D'un autre côté, Bardolin songe à son fils. Il vient de faire entendre à M. Dorigny qu'il avait un ami.... vous comprenez.... un ami prêt à m'acheter tout mon bien, moyennant une grosse rente viagère.
VERNISSAC.
Ah I c'est plus singulier ; mais si vous y trouvez votre intérêt, ma tante....
MADAME SINCLAIR
Oh, pour mon intérêt, pas de doute ; mais le vôtre ?
VERNISSAC.
Le mien? Ma foi, ma tante, arrangez votre fortune comme il vous plaira, comme vous l'entendrez; et, je vous en prie, n^ m'en parlez jamais. Sais-je seulement si j'y ai des droits? Ce n'est que dans votre tendresse que je suis jaloux de ma part. Ils ont des enfants. Le peu que j'ai doit leur revenir un jour. A moins de malheurs, j'en aurai toujours assez ; et alors j'aurais récours franchement à vous ou à eux, et vous ne m'abandonneriez pas.
DORIGNY
C'est parler en homme généreux.
VERNISSAC.
Trouvez-vous? Je vous assure que c'est un langage qui ne me coûte rien à tenir, et je n'y ai pas le moindre mérite. Vous avez à communiquer à monsieur dés papiers, des contrats. Comtois m'a dit qu'il avait tout ouvert' dans votre grand cabinet ; moi, je vais courir. Voici des lettres que je veux envoyer. Il me tarde de faire des visites à des amis que j'ai laissés dans cette capitale, tous artistes ou littérateurs, qui nous aideront à passer des soirées délicieuses.
MADAME SINCLAIR
Vive mon neveu Vernissac ! au moins ne me parle-t-il pas d'affaires.
YBRNISSAC.
Nous aurons des concerts, des proverbes, des charades.
MADAME SINGLAIB.
Vous en serez, monsieur Dorigny.
DORIGNY
J'y jouerai les notaires.
MADAME SINCLAIR
Sans adieu, mon neveu. (Bas à Dorigny.) Il est meilleur,
ou plus hypocrite que les autres. (Elle sort avec Dorigny.)
YBRNISSAC, reconduisant sa tante.
Vivez heureuse, ma tante, vivez longtemps... (scul) A.h mes chers parents I vous songez à m'exclure. Gabriel! Mais quel avantage ils me donnent sur eux! Laisser percer leurs projets avant d'être certains de les voir adopter. Comme j'ai beau jeu à les railler, à les brouiller ! Je n'y manquerai pas. Gabriel !