‹ ThéâtreChapitre 89 sur 335 · SAINT-LAURENT, MADAME SAINT-LAURENT, BARDOLIN, ANATOLE · texte numérisé non relu

SAINT-LAURENT, MADAME SAINT-LAURENT, BARDOLIN, ANATOLE

ANATOLE

Gomme c'est humiliant pour mon père et pour moi !

Quel parti prendre, monsieur Bardolin ?

BARDOLIN.

Ce n'est point mon fils qu'on veut marier malgré moi. Je vous engage à obéir à ma tante.

ANATOLE

Vous m'abandonnez, mon père !

BARDOLIN.

Que veux-tu, mon enfant ? Louise ne t'aime pas ; c'est

un malheur. Il faudra nous contenter de ce qui nous revient.

•MADAME SAINT-LAURENT

Vous penseriez à me faire payer le dédit !

BARDOLIN.

Mon tils et moi, ne sommes-nous pas déjà assez malheureux!...

MADAME SAINT-LAURENT

Vous voyez , monsieur Saint-Laurent ; si vous n'aviez pas signé ce fatal papier....

SAINT-LAURENT

Eh bien, quoi! vous me le reprochez! N'est-ce pas vous qui m'avez forcé?...

MADAME SAINT-LAURENT

Estrce qu'une femme prévoit les conséquences? Il fallait m'avertir.

Eh bien, nous payerons le dédit.

MADAME SAINT-LAURENT

Oui, sans doute, une dot, un dédit. Ruinons-nous pour notre fille. Il est bien cruel de se trouver ainsi entourée de gens avides, intéressés.... Et moi, qui ne suis animée que du désir de voir ma fille heureuse, qui voudrais n'écouter que l'amitié que je me sens pour ma famille, je me trouve victime,...

BARDOLIN.

Dites-vous vrai? N'est-ce donc pas le cas de montrer un peu de caractère, et de résister à notre tante ? Nous déshéritera- 1- elle? Non. Elle s'emportera. Elle est prompte et vive, la chère dame; mais une fois leur mariage fait, elle oubliera qu'elle s'y est opposée. Supposons qu'elle s'en souvienne. Au premier petit-enfant que nos enfants nous donneront, nous irons tous en

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