ACTE Q UATU If: MI- MA RCEL LIN E
Mais, c'est la murl!
MERLIEH.
Peut-être.
Qu'importe! Le bonheur de ma fille avant tout! Je suis vieux, moi ! je puis m'en aller. Jusqu'au bout, S'il faut mon sang, j'en fais gaîment le sacrifice.
MARCELLINE, le regardant l«ngueinenl.
Maître, c'est bien... Je mentirai.
Sans remords, je serai complice.
L'amour qui s'immole est seul vrai.
J'aurais m.enti, je me serais damnée, Pour conjurer la destinée De mes garçons, que j'aimais tant!
Oui, voilà le devoir tel que mon cœur l'entend : Se donner tout pour ceux qu'on aime, Offrir sa vie en don suprême!
Parlez-leur donc à votre gré.
Maître, je mentirai!
MERLIER, allant frapi.er sur l'épaule do Dominique,
Te voilà revenu, garçon! quelle imprudence!
FRANÇOISE, se jetant au cou de son père.
Oh! père, expliquez-lui qu'il faut qu'il reste... Moi, Je ne peux pas !
M E R L I E R , tranquillement.
Pourquoi Veux-tu qu'il reste, dis, chère fille? Je pense, Au contraire, qu'il doit repartir à l'instant.
FRANÇOISE, avec ua cri d'angoisse.
Mais, VOUS, mon père, vous!
DOMINIQUE, soudainement éclaire.
Ah! mon esprit s'éclaire!
Je comprends à présent ce qu'elle voulait taire.
Et quel sort vous attend!
Ils vous ont arrêté, vous ont fait la menace
De vous fusiller à ma place I Et vous alliez... C'est mal! mais enhn, me voilà!
MERLIER, îouriant.
Garçon, il ne s'agit plus du tout de cela.
Je suis libre! A l'instant, on vient de m^ le dire.
Père, tu ne mens pas
FRANÇOISE
MERLIER
Non, puisque je suis là.
FRANÇOISE
Bien vrai, père?
MERLIER
Aussi vrai que tu vois le ciel luire.