‹ ThéâtreChapitre 11 sur 150 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SITA

Celui qui m'aime!

SGINDIA.

Viens!..

SITA

I Te suivre!

A part.

0 doux mystère, Vas-tu donc m'ôtre révélé?

Vision fugitive et chère, Est-ce de toi qu'il m'a parlé?

SGINDIA, de môme, l'observant.

D'un gai rayon son front s'éclaire, Sos regard pur m'a rassuré.

Son divin sourire a fait taire Les doutes qui m'ont torturé.

Haut, avec uae extrême tendresse.

Te voilà frissonnante et pourtant radieuse ! Si ta, tu m'as compris et mon âme est joyeuse; Près de toi, je le sens, bientôt, j'aurai trouvé Le repos qui m'est cher et l'amour tant rêvé.

SITA, qtii l'a écouté avec stupeur, à part.

Lui!., c'était lui! grands dieux!

Très-frappée, elle se trouble et chancelle. SCIîs'DIA.

Viens, chère enfant !

SITA, suppliante.

Arrête!

SGINDIA.

Tu trembles !.. tu pâlis!..

Il la re^'arde longuement avec défiance, puis il va pour lui prendre la m;iia.

SITA, avec ua vif monvement de crainte.

Par ce temple sacré.

Par ce Dieu qui me garde en cette humble retraite, De grâce, laisse-moi !

SGINDIA, qui n'a cessé de Tobserver, avec éclat.

Maudite !.. cest donc vrai !

Sita recule devant le regard terrible de Sciodia.

Ton infâme secret on me l'a fait connaître. Le trouble où je te vois d'ailleurs me l'a livré.

Sous les habits d'un prêtre Un amant, chaque soir, ici, vient près de toi !

SITA, elle demeure d'abord comme anéantie; puis soudainement

Avant de m'accabler, ô maître, écoute-moi ;

C'était le soir d'un jour de fôîe.

Je priais seule ici. Soudain, j'entends des pas... Un homme... jeune et fier... devant l'autel s'arrête... Il me parle, et je tremble en écoutant sa voix. Je n'ose regarder... puis, sans que je devine Si cette vision est humaine ou divine, Il disparaît.

SCINDIA

Tu l'as revu plus d'une fois !

SITA, naïvement.

Chaque soir, il revient à cette même place. Il me parle d'amour sans que jamais sa main

Ose effleurer la mienne et... doucement... il passe En murmurant : Demain!

SCINDIA, à Sitâ, perfidement.

Et cet homme, ce dieu, cet insensé, peut-être. Vient-il... à ton appel?

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