‹ ThéâtreChapitre 144 sur 150 · ACTE TROISIKMK · texte numérisé non relu

ACTE TROISIKMK

Claude, melons notre souiïrance ; Mais par le devoir seul, que l'amour soit guidé!

Elle le regarde un inslaiil en silcnre puis, avec franchise.

Je vous aime, et d'un cœur très fier je le proclame Je vous aime, ami, pour voire bonté,

Pour la noblesse de votre àmc,

Pour votre pure loyauté !

Il me semble qu'aucune femme

Ne saurait a^mer comme moi.

Vous et Dieu m'inspirez, Claude, la même foi! Je crois en vous, je crois à v -tre destinée Et parmi ceux à qui cette lâche est donnée D'arracher la patrie au joug des ennemis, C'est au rang le plus haut que mon cœur vous a mis

CLAUDE, e\tisié.

Oh! Jeanne! Jeanne!

JEANNE

Je vous aime!

Je veux vous le redire en cet adieu suprême Ce n'est pas dans le temps, c'est dans l'éternité Que Dieu consacrera notre pure tendresse

Et que nous goûterons l'ivresse De l'amour immortel en sa £érénité

Bravement.

Par des liens sacrés vous tenez à la terre Telle que je suis là, vous ne me verrez plus. Nous nous retrouverons un jour dans la lumière

Où planent les élus Adieu! Je sais le fond de votre cœur. Silence!

Elle lui po«e lég'reinent la main sur le front el lui sourit longuement. Ils demeurent -:iinsi un instant, comme inconscients, s'abaadonnanl à rexlaic de cet adieu. Delphine parait, les voit.

SCÈ>'E III

Les Mêmes, DELPHINE.

DELPHINE, avec une ironie froide.

Voilà comme les anges Savent se faire aimer !

Ahl je comprends qu'elle ait pu vous charmer La voilà, la consolatrice.

Un masque de vertu sur ua front éhonté!

C L A U D E . se précipitant tci-s elle.

Misérable! Ahl c'est trop!

Il se contienU

Non!

Doucement à Jeaane.

Allez, chère enfant, Allez, pure, allez, sainte, allez, vous que défend L'ineffable candeur dont votre front rayonne. Ame blanche comme les lis Planez au-dessus de nos fanges Je vous en prie! Adieu !

Jeanne sort lentement. Il la regarde s'éloigner, puis se retournant, avec résolution, vers Dt-lphine.

Un seul mot, maintenant : L'air qu'on respire ici Est funeste; il nous souffle un esprit de colère.

Retournez donc chez votre mère

Et, cette fois, demeurez -y !

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