TUA MA HA
Lllc voit sur le trépied élinceler Ift lame d'un poignard itcisan. Elle le prend. De» doigts elle en touche la pointe. Elle repousse larme. Elle va à l'entri-c de la lenle. Elle soulève davantage les tentures pour voir au dehors. Les premières lueurs du jour borJent l'horizon.
Redescendant.
VfTS moi rampent déjà les soldats de Khirvaii. Ma main n'a point frappé! Xour-Eddin est vi\antl
Il dort ; son front charmant est pâle
A la pureté d'un beau jour
Son souftle parfumé s'exhale
Doux comme une plainte d'amour.
Ah! c'est lui qui l'emporte
L'amour seul est maître sur nous!
Nour-Eddinl... La haine est morte
Effleurant doucement la main de Nour-Eddin.
Et je m'incline à ses genoux î
22 THAM.AHA
1>ES VOIX; dans l'ombre.
Parjure I
THA M AI". A, frissonnante.
Où suis-je?... 0 sombre làchel...
Qui m'a parlé?... qui parie?... Lùchel Jai trop lardé!... je me souviens.
LES VOIX
Frappe! frappe!
NOUR-EDDIN, rêvant.
T ha m ara! Viens!
A toi ma vie avec mon âme!
Paradis d'azur et de flamme!
Charme puissant, mystérieux et doux!
LES VOIX
Va! frappe l'infâme!
THAMARA, so dressant.
Voix terrribles! Que voulez- vous?
NOUR-EOIJIN, de même.
A. toi ma vie avec mon âme, Le paradis luit sur nous.
THA M ARA, vers lui, avec un grand mouvement de passion.
Je t'aime!
LES VOIX
Frappe !
NOIR-EDDIN
C'est l'extase du ciel même.
T H A M A R A , balbutiant, en sanglots.
Oui, oui. maudissez-moi! Je l'aime!
Xole aiguë du clairon de Bakou au lointain;
TKOISIÈMK TAHLEAU 23
THAMARA, écoutant, à demi dressée.
Ah! c'est le clairoa de Bakou, là-bas!
Se rolevnnt.
Non! je n'entends pas! Non! je ne veux pas!
0 terre Engloutis-nous I Écrase-moi> tonnerre!
Criant égarée.
Parlé.
Frappe!... Je ne peux pas le faire!
Les yeux axes, regardant dans l'ombre comme obsédée de vision;.
Ah ! les morts devant moi ! Les morts me maudissant !
LES VOIX
Thamara ! souviens-toi !
THA-MARA.
Le carnage ! le sang !
LES VOIX
Frappe le meurtrier! Frappe!
THAMARA, se débattant contre la vision.
Horrible présence!
Ah! je vous reconnais! Grâce! Grâce!
LES VOIX
Vengeance !
Après un dernier jeu de scène, indiquant sa lutte terrible, Thamara, avec un grand cri, se précipite vers Nour-Eddin, le poignard levé. Une obscurité profonde et soudaine enveloppe la scënCi Quand la lumière revient, presque iniinédiatemeni, on est sur la place de Bakou^la-Sainte. Décor du premier tableau. Les maisons sont ornées de tleurs et de branches vertes. Une foule se presse sur la place, agitant des palmes, des armes;