‹ ThéâtreChapitre 63 sur 150 · SCENE II LES MÊMES, MERLIER · texte numérisé non relu

SCENE II LES MÊMES, MERLIER

MERLIER

Eh bien! y sommes-nous, ma bonne Marcelline?

MARCELLINE

Mais oui, père Merlier!

Tout est prêt, le vin bien au frais sous le cellier,

Le couvert mis à l'ombre, et, «ur la nappe fine, Votre plus beau service !

M E R L I E R, tout épanoui.

Allons, je suis content!

Voilà donc le grand jour venu !... Dire pourtant Que tu t'en défiais d'abord, de Dominique ! Toi!

M A R C E L L I N E, de bonne humeur.

Dame! écoutez, ça s'explique.

Tous, d'abord, l'ont jugé de la même façon : Un étranger tombé chez nous, un beau garçon Sans doute, le regard clair, la mine superbe, Mais un peu vagabond, vivant comme au hasard, Le plus souvent, couché, tel qu'un lézard. En forêt, le ventre dans l'herbe!

Les nôtres le tenaient pour un franc paresseux, Et vous, ma foi, vous pensiez tout comme eux!

MERLIER

C'est vrai!... Ce me fut une rude noise,

Un grand coup là, quand ma Françoise Vint me dire, un malin, qu'elle voulait de lui! La petite est têtue... Pardine! elle a ma tête. Elle a mon cœur aussi ... La chose donc s'est faite. On s'est boudé huit jours; mais, aujourd'hui,

Entre nous entente parfaite!...

C'est que je me suis dit : c II est certain Que ma Françoise est bien une trop brave fille, Pour vouloir qu'un feignant entre dans la famille!

Un beau matin, J'ai cherché Dominique, et, toute la journée, Je l'ai fait s'expliquer...

(Après un temps, lentement, gravement.)

Alors, je l'ai connu.

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