ACTE III, SCENE XII
rencontre. Je me suis présenté à elle, sous le nom de don Miguel, le servit'^!!!* d'Eboli, et c'est à Ruy Gomez qu'elle va demander ici la faveur de parler au roi Philippe.
LE ROI
Il faut nue cet homme meure.
EIÎOLI.
Sire, vous avez condamné, comme une faute, la sentence portée par le gouverneur général.
LE ROI
Il mourra, et la faute sera réparée.
EBOLI
Et comment cela se pourrait-il?
LE ROI, rapidement , en lui remettant un ixipier.
Les instructions du roi pour Alonzo de Arellano. Dans une heure il sera à 1 Alcazar. En mains propres, entendstu?Il aura besoin de trois hommes. Un dominicain, un notaire, le bourreau. Le prêtre recevra la confession du malade. [Mouvement d'JEboli.jNe sais-tu pas le bruit qui court, Eboli? Il est gravement malade.
EBOLI, sinclinant.
De la fièvre, sire, [à part.) Je comprends.
LE ROI
Au notaire il dictera ses dernières volontés, ho testament d'un homme qui sent sa fin approcher. [Nouveau mouvement d'Eboli.) Sa fin n'est-elle pas proche?
EBOLI
Très-proche, don Philippe. Et toutefois...
LE ROI
Quoi?
EBOLI
S'il refuse ?
LE ROI, tirant une clef.
Cela aussi est prévu. Les biens des condamnés sont confisqués. S'il accepte, grâce de la confiscation aux survivants.
142 MONTIGNT.
EBOLI
Et s'il refuse?
LE ROI, lui donnant la clef.
Voici la clef que tu sais. Avec elle, un homme, sans être vu ni entendu, arrivera à lui. Pour t'en assurer, c'est toi qui iras lui annoncer la visite du dominicain, du notaire et de l'autre. Parle-lui de sa femme, de son fils.
Et pourtant s'il refuse?
LE ROI
Alors, donne la clef à cet homme, au muet, et ne lui glisse qu'un mot à l'oreille : « Le condamné s'est suicidé. «
EBOLI
Suicidé, sire?
LE ROI
Tu parles trop, Ruj Gomez. Le suicide sera entré par la porte que je te dis. Le miet comprendra.
EBOLI
C'est un homme intelligent, [à part.) Lâche que je suis !
{On entend une fanfare.)
LE ROI
C'est elle !
EBOLI, montrant le papier.
Me rendrai je à l'Alcazar ?
LE ROI
Reste. N entends tu pas les battements de mon cœur ?