SCÈNE VI Les Mêmes, hormis LE PAGE
HÉLÈNE
Oh! si tu pouvais le suivre sous ce déguisement!
158 MONTIGNY
MONTIGNY
Oui, oui, sauvé par toi! Sais-tu bien que je ne devais plus te revoir? qu'il fallait mourir ici, sans adieu? Hélène, cet anneau que lu m'as donné, ce jour-là, à Antoing. je venais de le remettre à mon page. C'est lui qui t'eût porté ma dernière pensée et mon dernier baiser.
Je serais mor'e en le recevant. Et songer que cette image de mort était là devant toi, à l'heure où je savais déjà que je te sauverais! Combien mon cœur saignait dan:5 ma joie !
MONTIGNY, rétreignant sur son cœur.
0 chère âme!
HÉLÈNE
Songes-tu à ton fils qui t'attend...? [à part.) Ciel! qu'allais-je dire? [haut) qui t attend là-bas, bien loin, avec ta mère?
MONTIGNY
Mon fils! Oh! si tu savais! . Tais-toi. Cette joie est trop violente. La mort ne m'effrayait pas. Si, toi partie, j'allais succomber à mon ivresse!
HÉLÈNE
0 bier.-aimé! eoniens-toi. Oublie, oublie. Ne te souviens que d'une seule chose à présent : c'est qu'à ta liber. é irois exis'ences sont at achées. Et si ces touchants objets te font faiblir, songe aux morts qui t'appellent de leur tombe foulée aux pieds de l'étranger, au Taciturne qui t attend pour délivrer notre patrie!
MONTIGNY
Va, je suis fort maintenant!
HÉLÈNE
Il esi temps de nous quitter.
MONTIGNY
Déjà?
Dans cinq minutes cette sentinelle sera remplacée, et