ACTE IV, TABLEAU I, SCÈNE VI
maintenant l'heure que nous te ferons connaître est décidée.
MONTIGNY
Garde donc bien surtout que ton émotion ne te trahisse !
HÉLÈNE
Ah! ce serait toi qu'elle trahirait! Je passerai froide comme un des hommes dont je porte la robe. Aussitôt la nuii venue, travaille en silence. Sans lumière. Ah! n'oublie pas que la tour est hante. Fixe bien cette échelle. Sois prudent, mon bien-aimé. Souviens-toi alors qu'à (juelques pas de toi Hélène t'attend.
MONTIGNY
Et pour la vie alors, n'est-ce pas?
HÉLÈNE
Pour une vie sur laquelle rayonnera le souvenir de cette heure sanglante ! 0 ami ! serre-moi .sur ton (•œur.
MONTi&NY, la tenant embrassée.
Va, chère âme. Il est temps.
HÉLÈNE
Est-ce moi qui vais faiblir maintenant ? Adieu ! adieu !
MONTIGNY
Non. Pas ce mot fatal. Ceci n'est plus un adieu. Non. Reste encore.
C'est la dernière minute de la sentinelle. Plus tard cette robe ne me cacherait pas assez.
MONTIGNY
Encore un baiser. Une dernière étreinte de nos âmes on ce lieu de mort. Hélène, sois forte.
HÉLÈNE
Je suis ta femme et je porte ta délivrance. Et toi, auras-tu la force de briser ces barreaux?
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MONTIGNY
Ah! je penserai que j'aiguise l'épée qui doit venger mon pajs! Va, va vite. (// s arme de la lime et. h avance vers les barreaux de la fenêtre. Hélène se retourne avec un long regard et sort rapidement.) Et maintenant à l'œuvre !