‹ ThéatreChapitre 134 sur 183 · DOLORÈS, LE MAJORDOME · texte numérisé non relu

DOLORÈS, LE MAJORDOME

LE MAJORDOME, passionnément.

0 Dolorès! joie de mes yeux, fête de ma vie... {brusquement.) quelle heure est-il?

Voilà votre bonsoir aujourd'hui?

LE MAJORDOME, à part.

Pas sortie de l'Alcazar ! {haut.) Tu es la Dolorès de mon âme, et. . . le pain?

DOLORÈS

Le pain est là, qui vous attend depuis une heure, avec moi.

LE MAJORDOME

Pour cette parole je donnerais la couronne des Indes. Et ton muet ?

DOLORÈS, avec modestie.

Vous ne voyez pas que nous sommes seuls ?

LE MAJORDOME

Oh! seul avec toi! et je puis enfin te dire... {^regardant l'horloge). Cinq heures et demie!

162 MONTIGNY

DOLORÈS

Vous pouvez me dire : Cinq heures et demie?

LE MAJORDOME

Et cinq minutes, [à part.) Et pas sortie de l'Alcazar!

DOLORÈS

Ce n'est qu'à six heures que vous portez le pain. Vous avez le temps de vous asseoir et de me parler un peu espagnol.

LE MA.JORDOME.

Je ne le parle plus, caramba ! Non hablo, depuis que Majestad Felippe... («par^.) Et ce mot qu'il faut cacher dans le pain !

DOLORÈS

Allons, votre sérénade n'est pas gaie aujourd'hui, bel hidalgo. Irai -je chercher un de ces flacons qui répandent comme vous dites si bien, des rayons de soleil dans votre âme?

LE MAJORDOME

Ah! tu es l'impératrice de ton majordome, et... Mais va donc alors !

DOLORÈS, sortant, à part.

Cela lui déliera la langue. C'est la clef de son secret que je cours chercher.

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