‹ ThéatreChapitre 139 sur 183 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes, LE PAGE.

LE PAGE

Ce pain qui portait le salut au prisonnier, où est-il?

J'ai perdu l'esprit, à l'approche de l'heure. J'ai cru le donner à l'homme envoyé par toi.

LE PAGE

Et, pour ne pas perdre un des regards qui t'enivraient, tu l'as livré à l'homme envoyé par le bourreau ! Tu as tué ton seigneur !

LE >L\JORDOME,

S'il est vrai, tue-moi aussi. Mais parle d'abord.

LE PAGE

Cette femme! Ne te lavais-je pas dit que cette femme nous serait fatale? Te souvient-il que je te l'ai prédit, moi, un enfant alors? Eh bien? ce pain que, par quelque charme infernal, elle t'a fait livrer à son muet, au moment où je te parle, le geôlier de l'Alcazar l'ouvre, et ce mot libérateur que tu devais y écrire...

LE M.AJORDOME.

Je l'ai écrit et mis dans le pain. « Minuit ! »

LE PAGE

Minuit sonnera le glas funèbre de Montigny ! Ce pain qui, dans des mains fidèles, lui portait la vie et la liberté, en passant par les tiennes, lui porte sa sentence de mort !

{Il pleure.)

LE MAJORDOME, à DolOrèS .

Et c'est toi, infâme, qui as fait cela !

DOLORÈS

Je vous aimais. J'ai craint de vous perdre. Le muet a fait le reste. Grâce !

168 MONTIOSY.

LE MAJORDOME

Femme, s'il j a un Dieu au royaume de Philippe, c est à lui qu'il faut demander grâce. Car tu yas mourir.

(Au moment où il tire son poignard, le tnuet arrive à la tête des alguazils et se précipite pour arracher le poignard.)

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