SCÈNE VI
Les Mêmes, EBOLT, ALONZO, GARDES armés avecJanterncs.
HÉLÈNE, faisant un pas vers Eboli.
Ri\y Gompz ! . . . [Eboli détourne tristement les yeux.) Perdu! Je meurs.
[Elle tombe évanouie.) MOis'TiONY, courant à elle.
Hélène ! Hélène !
EBOLi, se découvrant .
Don Philippe, devant ces douleurs surhumaines un homme, un chrétien vous crierait : Miséricorde ! Roi d'Espagne, [se couvrant.) un grand d'Espagne te dit : Justice!
LE ROI
Et nous allons rempUr notre devoir de chrétien et de roi, Ruy Gomez. Les soldats espagnols qui, traîtreusement, ont ouvert les portes de cette prison, ont mérité la mort : ils mourront.
EBOLi, s'inclinant.
Roi, c'est justice.
LE ROI
Pour cette dame, elle était étrangère à l'Espagne et à ses lois. Libre à elle de quitter ce royaume.
EBOLI
Roi, c'est justice encore.
LE ROI
Quant au prisonnier, il a grièvement attenté à la majesté royale. Mais le roi le savait atteint de la fièvre, el à ce malade il fait grâce de la vie.
EBOLI, à part.
Qu'eniends-je?
180 MOXïIGNY.
LE ROI
Qu'il soit conduit, jusqu'à guérison, dans un autre de nos châteaux, mieux gardé et plus sain que celui-ci. Plus tard, nous aviserons. Don Alonzo de Arellano, je vous confie sa personne.
EBOLI
Quoi? Sire...
LE ROI
Assez, Eboli. Laissez passez la miséricorde du roi.
{Il sort.)