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SCÈNE IV

KAREL

Soldat, ignorez-vous qui nous amène ici? Sommes-nous gens qui font la guerre pour la gloire, Et ne la font, pardieu ! que pour du sang à boire? Le Belge avec Chauvin aime-t-il cuisiner? Trop bourgeois pour manger du Cosaque à diner, Trop pékin, quand dos droits perdus la soif l'altère. Pour se griser à jeun de gloire militaire. Peuple de travailleurs, dans son travail guerrier, C'est de droits qu'il a faim, soldat, non de laurier.

JENNEVAL

Oui, lorsque par le fer ce peuple se détache Du peuple frère à qui par des fers on l'attache. Cette guerre n'est rien qu'un travail importun Où ce que nous frappons, c'est l'ennemi commun. Le joug public brisé, voilà notre victoire. Le jour où vint un roi, violant leur histoire, River aux mêmes lois de son sceptre naissant Deux peuples que fit un la lutte, après le sang, Ce jour qui vit tomber deux anciens frères d'armes, La liberté versa ses plus sanglantes larmes.

Hl-X'TOR.

Belges, que nous a fait le Batave ? Pourquoi

Ennemis? Cette écharpe est la couleur d'un roi.

Si tu dis que, s'armant pour son droit, ma patrie

Porte aux sujets les coups dus à la tyrannie;

Si tu parles de haine au Hollandais, tu mens.

Haine à notre oppresseur, guerre à ses instruments,

Paix au peuple avec qui, dans les vieilles batailles,

Le nôtre fit au droit de larges funérailles;

Dont le sang fraternel ensemença le sol

De l'ère des Césars aux jours de l'Espagnol,

Et revienne, au signal de la lutte commune.

Le jour où nos deux mains, soldat, n'en feront qu'une!

C'est assez.

(Il va pour tendre la main et s arrête chancelant. 0 mon cœur!

JENNEVAL

Qui donc vous trouble ainsi?

HECTOR, bas à Karel.

L'homme me fait pitié.

KAREL

Que veut dire ceci?

JENNEVAL

Vous souffrez?

l'officier.

De mon cœur il n'est pas une fibre Qui ne saigne à présent, qui ne saigne et ne vibre!

JENNEVAL

Parlez.

l'officier.

Comment parler, sans trahir doublement : Prisonnier, mon honneur; officier, mon serment?

HECTOR

Prisonnier, votre chaîne ici sera légère ; Officier, vous savez les devoirs de la guerre. Nous, avertis qu'un piège est dans la nuit tendu...

l'officier.

Quoi! vous savez déjà...?

KAREL

Vous l'avez entendu? Ce mot m'est échappé.

KAREL

C'est du plomb dans ta tête, Si tu n'achèves. Parle ou, parla mort...!

JENNEVAL, releiKint la carabine de Karel.

Arrête.

[à t officier.) Que sais-tu?

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