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SCÈNE VI

Le Même, le CAPITAINE.

LE CAPITAINE

Vous ne me saviez pas, monsieur, si près de vous ; Mais, ma foi, vous surprendre à mon cœur était doux. Sachant que près d'ici vous mettiez pied à terre, Je courais au devant de vous.

GEORGE, allant pour t embrasser.

0 noble père !

Que j'avais liâte aussi !...

le capitaine, t arrêtant.

Comment ?

Pardonnez-moi Cet instant de retard. Quand vous saurez... LE capitaine.

Mais quoi?

Qui parle de retard? Pardieu ! soyez tranquille. Je ne suis pas jaloux de l'aimable Lucile. J'approuvais tant l'amour qui vous prend ces instants. Que je crains désormais qu'il ne perde son temps. Voilà tout, croyez-moi.

GEORGE

Comment dois-je comprendre...?

LE CAPITAINE

Fj:'ancliement, est-ce à moi, monsieur, de vous l'apprendre?

GEORGE

Mais pourtant Lucile . . .

LE CAPITAINE

Elle? ah! cœur loj'al, vraiment!

Comme un homme, elle est femme à garder un serment. GEORGE, à 'part.

Il sait tout !

Qiaiit.)

Écoutez. Je courais vous...

42 LE POINT d'honneur.

LE CAPITAINE

Et comme Mon fils a dû garder le sien en honnête homme, Sur mon honneur, monsieur, je ne sache pourquoi, Vous fidèle, Lucile aurait trahi sa foi.

Moi non plus, je ne sais mentir à ma parole. Ces serments, ce n'est pas le cœur qui les viole : C'est l'honneur qui parlait, si je me suis battu !

LE CAPITAINE

Ah ! sais-tu ce que c'est que l'honneur? le sais-tu?

Et crois-tu qu'il illustre également l'épée

Dans le sang chaque jour par la fureur trempée.

Et le fer qu'en nos mains la patrie a remis.

Gardien de son drapeau contre ses ennemis ?

Quel est donc cet honneur qui, lâche en sa défense, ■

S'en va loin des regards se venger d'une offense.

Et qui, honteux de lui, court laver un affront.

Au coin de quelque bois caché comme un larron î

C'est l'honneur qui parlait ! sur ce, pourquoi me taire

Chacun de tes coups ?

GEORGE

Mais...

LE CAPITAINE

Récuses- tu ton père?

Serait-il pour son fils un juge incompétent? Sur les champs dits d'honneur il a marché pourtant. Ne serait-ce pas là qu'une longue carrière Marqua son front des coups dont sa vieillesse est fière? Regarde-le, ce front où de sanglants combats Laissent des souvenirs que l'on ne cache pas. Tu sauras que chacun parle d'un jour de gloire Où mon sang a signé mon nom dans notre histoire. L'un dit que j'ai servi la patrie en danger. Et l'autre dit comment nous savions la venger.

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