‹ ThéatreChapitre 38 sur 183 · BEI-OISON · texte numérisé non relu

BEI-OISON

Je ne prends rien du tout, si l'on ne peut m'apprendre

Par quel mouvement froid un homme chaud d'ailleurs

Lutte à partie égale avec ces ferrailleurs ;

Si, pour égaliser une rencontre sotte.

L'art n'a pas en réserve au moins... certaine botte...

BRISEFER, à part.

L'y voilà!

(haut.)

Parlez donc ; mais, par la mort d'enfer ! Savez-vous qu'aujourd'hui ces bottes coûtent cher? Cela rentre, monsieur, dans nos hautes études.

BELOISON.

Marchander l'art est-il, moi, dans mes habitudes? Combien ?

BRISEFER.

Fi donc !

54 LE POINT d'HONNEUB.

BELOISON.

Combien ?

PRISEFER,.

Vous m'insultez.

BELOISON, lui donnant de l'argent.

Parbleu !

BRiSEFER, comptant.

Monsieur, je suis artiste!

BELOISON.

Alors c'est trop ?

BRISEFER.

C'est peu.

BELOISON.

Comment ?

BRISEFER.

Mais c'est le prix d'une botte ordinaire. Je travaille en artiste, et non en mercenaire. BELOISON, lui donnant sa bourse.

Voilà. La botte est bonne?

BRISEFER.

Elle vaut son poids d'or.

Qu'un imbécile essaie — une, deux, — il est mort! Je ne sache, monsieur, au pays qu'un seul homme Qui s'en puisse servir.

BELOISON.

Et ce seul-là se nomme?

BRISEFER.

Parbleu ! monsieur George.

BELOISON.

Aï! je m'enferre!

Comment ?

BELOISON.

Mais c'est mon ennemi, maître sot, justement! S'il a la botte aussi...

BRISEFER.

Monsieur, il la possède ; Mais il ne s'en sert pas, la trouvant lâche et laide.

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