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SCÈNE II

Le Même, BRISEFER arrivant avec des épées, des fleurets et des pistolets.

La belle retraite !

ACHILLE

Oui, monsieur, due au soin Du héros qui vous a pour maître et pour témoin! Mais avant de régler les affaires des autres, Si nous nous empressions de terminer les nôtres? M'avez-vous appliqué sur la joue un soufîTet?

BRISEFER.

Oui.

ACHILLE

L'aveu vous honore.

BRISEFER.

Et si je ne suis prêt A vous le rendre ici, la foudre vous abime !

62 LE POINT d'honneur.

ACHILLE

Pour cet aveu loyal vous avez mon estime ; Et si vous en voulez un gage plus certain, Permettez-moi, monsieur, de vous donner la main.

BRiSEFER, lui donnant la main.

L'honneur donne, monsieur, la main à la vaillance!

ACHILLE

Charmé d'avoir, monsieur, fait votre connaissance ! On dit donc que c'est moi qui, vous le rendant bien. Ai reçu le soufflet ?

BRISEFER.

Le soufflet n'ôte rien Aux sentiments flatteurs que pour vous je professe.

ACHILLE

Vous me voyez confus de tant de politesse ! Donc nous disons, monsieur, que je suis souffleté, C'est-à-dire, je crois, que je suis l'insulté?

BRISEFER.

Non, monsieur.

ACHILLE

Je rends grâce à votre courtoisie.

BRISEFER.

Je suis courtois, étant de bonne compagnie ; Mais l'insulté, c'est moi.

ACHILLE

Comment donc, s'il vous plait.

L'insulte est-elle à vous, quand j'ai là le soufflet?

BRISEFER.

Vous en reçûtes un, mais mci deux, que je pense. Comment donc est-ce moi, monsieur, qui vous offense?

ACHILLE

Vous êtes, pour le coup, monsieur, trop généreux !

BRISEFER.

Vous l'êtes plus que moi : car pour un j'en ai deux !

ACHILLE

Le nombre n'y fait rien. Mais le moment nous presse : Il est temps de finir. A bas la politesse ! •

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