‹ ThéatreChapitre 5 sur 183 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Bref, menacé de perdre à jamais ma Lucile,

C'est pour ne point mentir à l'iionneur même, Achille,

Que j'ai, sans l'oublier, fait taire mon serment.

ACHILLE

Et vous ne croyez pas être aimé doublement ?

GEORGE

Elle est femme à ne point mentir à sa menace.

ACHILLE

Monsieur, permettez donc qu'on vous le dise en face — Vous ne connaissez point la femme, non, d'honneur ! Trembler pour notre tête est pour elle un bonheur; La peur de perdre un brave a pour elle un tel charme Que son amour ne fait que croitre, à chaque alarme, Et que jusqu'au mari se trouve intéressant Qui perd de bonne grâce une once ou deux de sang.

Fort bien ! et cependant tu te tairas, j'espère : Car autant que Lucile, il faut craindre mon père.

ACHILLE

Qui, lui, ce brave aussi, l'illustre épée? Eh quoi! Il oserait blâmer le point d'honneur?

GEORGE

Tais-toi.

Suffit que du cartel le préjugé le blesse. Est-ce à moi de troubler sa paisible vieillesse? Pour la dernière fois, Achille, taisons-nous.

ACHILLE

S'il le faut, répondez de moi comme de vous. Je jure...

GEORGE

Chut ! on vient. 0 bel ange fidèle !

Comme mon cœur bondit! qu'il me dit bien : C'est elle!

ACHILLE

Qu'il ledit mal, monsieur! C'est Ninette.

10 LE POINT d'hONKEUE.

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