ACTE i, SCÈNE MIL
PAWÉLA.
Il n'y apas (l'offense.
ISIDORE, à part.
Quel beau col elle a!... et blanc!... un cygne !... J'en vois justement un ; mais il est noir celui-là, et si ce n'était le nœud de ce Jjonnet... [Il le relève. )0W que c'est joli là dessous l... [Il fait, avec la bouche le geste d'embrasser et n'ose pas.) Muh !..; muh !...
PAMÉLA
Voilà qu'il me chatouille, à présent!... [Elle se retonrne , voit Isidore derrière elle et se levé vivemeîit.) Commcuil vous alliez m'embrasser *?
ISIDORE, vivement et avec confusion.
Non!., oh! non, mademoiselle... n'allez pas croire... je n'aurais jamais osé... oser!... vous êtes bien trop respectable...
PAMÉLA, scandalisée, elle apo'^é la robe sur la table à droite.
Respectable ! ... ah ! voila le bouquet ! j'ai donc quatre-vingts ans, à vous entendre? M'embrasser, passe encore, ça se fait; mais me traiter de respectable!... vous êtes un mal appVis, mon cher !
ISIDORE
Mon Dieu! mon Dieu? vous avez mal interprété... {// fouille machinalement dans sa poche et en retire la broche.) Je suis désolé... Oh ! comme ça se trouve... troisième moyen!... la broche à papa!.,.
Air : Des Arllstcs par occasion.
Si ma conduite est une injure, Daignez oublier mon erreur ; Je \oulais vous laisseï', j'en jure, Un souvenir liien plus... flatteur!
(// montre la broche.) J'avais là... cette... bagatelle !
Je disais : C'est bien peu pour elle !... Je Youlais vous l'ofTrir... pourtant Je ne l'ai pas osé...
PAMÉLA
Vraiment ?
LSIDORE.
On craint d'offenser une belle.
Quand on s'y prend trop brusquement.
PAMÉLA
Même air.
Votre conduit' fut très légère.
Mais tout gît dans l'intention ;
Il n'est de règle si sévère
Qui n'admette une exception...
Quand douc'ment de moi l'on s'approche...
ISIDORE, avec joie.
Quoi ! sans m.e faire aucun reproche.
Vous acceptez.^...
* Isidore, Pam<51a.
18 UN DOCTEUR ExN HERBE.
PAMliLA, avec sévérité.
Un p'tit moment !...
ISIDORE, avec chagrin.
Vous refusez ?...
PAMELA, avec dignité.
Certainement !...
Je la refuse... comme broche, Mais j' l'accepte... comm* sentiment!...
ENSEMBLE
ISIDORE, avec joie.
Eir la refuse comme broche, Mais elle l'accept' comm' sentiment.
Je la refuse... etc.
ISIDORE , aa comble de la joie.
Vrai? e^i-il possible 1... vous acceptez?.... Elle accepte!... j'ai réussi!... Si vous saviez la joie que j'éprouve, le plaisir que ça mefait!...Et vous vous souviendrez de moi?... PAMELA, mettant la broche.
Toujours et encore!... {A part.) C'est une chose étonnante qu'il n'y a que les très jeune-Zio/yi mes et les hommes respectables qui donnent dans c"te quincaillerie-là... cane fait pas l'éloge du moyenâge, savez-vous?...
ISIDORE, la regardant avec admiration.
Et vous me laisserez causer avec vous?., c'est que, voyez- vous, je suis très timide...
PAMÉLA, riant.
Âhl vous êtes jeune!...
ISIDORE, naïvement.
Dix-neuf ans.
PAMÉLA
Je ne vous demande pas si vous êtes jeune, je vous dis que vous êtes.;eune; et j'ajoute que, par la suite des temps, vous deviendrez un fameux mauvais sujet!
ISIDORE, effrayé.
Oh! je ne veux pas le devenir... on m'a toujours dit qu'on détestait les mauvais sujets.
PAMÉLA
Des fois, des fuis !... (Elle le lutine.) ISIDORE, riant.
Hé ! hé ! hé î . . Je suis timide. (£//t' le lutine.)^\\ ! ehl mais je suis chatouilleux aussi!...
PAMÉLA, le lutinant encore.
Vous verrez, petit sournois!..
Hé ! hé î hé! {A part, avec exaltation. ) Je la trouve de plus en plus belle !
LAMBERT, au dcliors.
Oui, quatre bols de punch... au rhum, chez moi!