ACTE I, SCÈNE IX
PAMÉi.A , effrayée, à part.
Ciel de Dieu !... c'est la voix de mon étranger de cette nuit... [A /.su/ore.) Jeune homme...
ISIDORE
Mademoiselle..;
PAMÉLA
Si vous a^ez un cœar. cachez-moi!
ISIDORE
Dedans?
PAMLLA , à part.
Lui qui me croit princesse . je ne peux pas me démonétiser à ses yeux! {Haut.) c'est là votre chambre?
ISIDORE
Certainement.
PAMELA
Merci, j'accepte.
ISIDORE
Comment!... Mais, mademoiselle, permettez.;:
Pas de façon , allez... on sait bien ce que c'est qu'une chambre de jeune liomme. [Elle entre dans la chambre d'Isidore , premier plan et en pousse la porte.)
ISIDORE
Ah ! rnon Dieu ! Elle y est !
SCtTSm zil.
LAMBERT, ISIDORE, deux garçons d'hôtel portant un punch et une corbeille couverte d'une serviette.
LAMBERT
Portez ceci par là [Les garçons entrent à gauche^ troisième plan.) 1. . . et servez chaud !
ISIDORE, allant vers Lambert, au fond.
Lambert!... Lambert!... vous ne savez pas! Elle a accepté une broche.
LAMBERT
Parbleu!... c'était sur !... Mais, pardon, j'attends des amis, je rentre..
ISIDORE, le retenant.
Ce n'est pas tout! quand elle a entendu que quelqu'un venait, elle s'est réfugiée dans ma chambre, mon ami... dans ma chambre!
LAMBERT
Pour vous forcer de l'y rejoindre.
ISIDORE, fort surpris.
Croyez- vous?
LAMBERT, gaiement.
Fausse retraite, je vous dis-., vieille ruse de guerre!... Bonne
20 UN DOCTEl'R EN HERBE.
chance'.... au revoir!... (// rentre chez lui à gauche, troisième plan.)
ISiDORE, puis DERBIGNY et PAULINE.
ISIDORE, d'abord seul.
Ruse de guerre!... .Te comprends, mais moi, aller dans ma chambre tandis qu'elle y est! [Avec naïveté.) Ce n'est réellement pas convenable... et cenenrlant, si on la surprenait là! [Il s'élance vers la porte, lorsque Derbigny et Pauline entrent par le fond.)
DERBIG>V.
Allez, ma chère Pauline, ne perdez pas un instant !
ISIDORE, àhii-mémp.
Papa !... Je suis perdu si elle bouge î derbig:;v.
Préparez tout pour notre départ.
PAULINE
Oui. mon ami. (Aperceixintsa robe sur une chaise, elle redescer^d.) Ah ! et ma robe* !
ISIDORE, la prenant sur la chaise et la mettant en paquet.
La voilà, Pauline... Vous sortez de suite, papa, vous dînez dehors ?
DERBUÎ>-Y.
Non, mon enfant.
PAULINE, prenant la robe.
Ah ! vous l'abîmez ! [Elle sort à droite, troisiénie plan.)
soèz^s -Kl.
DERBIGNY, ISIDORE, ensuite PAMÉLA.
Une lettre qnej'ai reçue du père de Pauline, me rappelle impé' rieuseraent... Nous partons aujourd'hui même, dans l'instant.
ISIDORE
Ah !... (.4 part, avec joie.) Elle pourra s'échapper ! [Haut.) Comment...
DERBIGNY.
Ne t'afflige pas trop, mon enfcmt. cette séparation est nécessaire.
ISIDORE, à part.
Pauvre père!... ça me fait de la peine de le quitter, etjesui3 content qu'il s'en aille !
IDERBGNY.
Ah! ça, dis-moi, tu n'oublieras pas de donner à Pauline la broche que je t'ai achetée..,
* Derbigny, Pauline, Isidore,