ACTE I, SCENE III
6E0RG1NA.
Et depuis deux mois, je ne l'ai pas revu. [La Loueu$e de chaises entre et range à droite et à gauche,)
HECTOR, riant Bahl
GEORGINA
Parti pour je ne sais où !
HECTOR
Pauvre fille I
GEORGINA
Ah ! ça m'est bien égal I
LA LOUEUSE DE CHAISES, à HcctOr,
Votre chaise, Monsieur. [Hector lui offre sa chaise, et s^aper* cevant de sa méprise^ il rit et paye, La Loueuse s'éloigne.)
GEORGINA
Mais votre histoire, comment a-t-elle fini ?
HECTOR
A peu près comme la vôtre. Le lendemain du jour en question, j'étais installé rue de Provence, en face de mon étoile... Après les doux regards, les doux soupirs, nous en vînmes aux billets doux. [Jls se lèvent,)*
Air : J'avais juré d'aimer Rosine.
Elle jurait d'être ma femme,
D'être ma femme; Et moi je payais de retour
Son tendre amour.
A nous deux nous n'avions qu'une âme.
Nous brûlions de la même flamme...
Mais, un beau jour... {Bis) Elle a filé... sans me dire bonjour 1
GEORGINA
n y a deux mois ?
Oui.
GEORGINA
Juste l'époque de mon voyage à Etretat. Mon brigand TaTait emmenée.
HECTOR
C'est vrai, au faiti • Georgina, Hector.
GEORGINA
Je me souviens maintenant d'une jeune fille qui raccompagnait quelquefois sur les falaises.
HECTOR
C'était Mathilde ! que votre brigand avait arrachée de mes bras. Mais après tout, si elle n'avait pas cessé de m'airaer, elle m'aurait laissé une ligae d'adieu , un mot d'espoir. Non, Georgina, non ; elle m'a trompé, elle ne m'aime plus.
GEORGINA
Et vous?
HECTOR
Moi? Je tâche de l'oublier. {Il lorgne à droite et à gauche.)
GEORGINA, riant»* En suivant?
Je vous jure que depuis ma soirée de l'Odéon, vous êtes la première qui m'ayez fait emboîter le pas.