‹ ThéâtreChapitre 190 sur 381 · ACTE II, SCElNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCElNE VI

MATHILDE

Vous connaissez donc M""^ d'Ermont?

HECTOR

■^[me d'Ermont?... Si je connais M^^ d'Ermont... parbleu!... puisque...

MATHILDE

Depuis quand donc ?

HECTOR

Depuis... depuis... Chère Mathilde, que je suis heureux de vous revoir !

MATHILDE

Vraiment ?

HECTOR

En doutez-vous?

MATHILDE

Assurément, après votre conduite envers moi...

Ma conduite ? Comment ! c'est vous qui m'accusez, après m'avoir quitté comme vous l'avez fait ?

MATHILDE

Mais ma lettre vous expliquait...

HECTOR

Quelle lettre?

MATHILDE

Celle que je vous ai écrite le jour de mon départ.

HECTOR

Je n'ai rien reçu... et que disait cette lettre?

MATHILDE

Elle vous disait que mon tuteur m'enlevait brusquement pour me conduire...

HECTOR

A Etretat?

MATHILDE, ètoYinèe.

Oui!

HECTOR

Etretat I...Georgina!... c'est bien ça!...

MATHILDE

Mais, VOUS saviez donc?...

HECTOR

Depuis ce matin seulement. Continuez... Vous disiez que votre tuteur, le colonel Guérin, vous conduisit à Étrelat.

MATHILDE

Oui, pour me faire prendre les bains, dans l'intérêt de ma santé, disait-il : et je me portais très-bien.

HECTOR

Mais les bains vous ont rendue malade?

MATHILDE

Justement.

HECTOR

Pauvre petit ange!... Ça va mieux, dites?

MATHILDE

Ça va bien, je vous remercie. Mais, h propos, je ne veux plus que vous me parliez.

HECTOR

Pourquoi donc?

MATHILDE

Parce que je ne vous aime plus, monsieur.

HECTOR

Vous m'aimiez donc?

MATHILDE

Oui, monsieur.

Beaucoup?

MATHILDE

Eh bien, oui, monsieur, beaucoup... et je suis bien aise do vous le dire pour vous punir de ne m'avoir pas su trouver.

HECTOR

Vous êtes charmante !

MATHILDE

Oui, monsieur, je suis charmante.

HECTOR

Et c'est bien fait... n'est ce pas... parce que je serai mieux puni...

MATHILDE

Mais certainement.

HECTOR

Ohl ne m'accusez pas d'indifférence, Mathilde; j'ai fait pour vous retrouver tout ce qu'un niortel peut faire. J'ai battu Paris à plate couture; j'ai visité tous les jardins, promenades, magasins, monuments.

Air. de Voltaire chet Ninon, A tous les échos d'alentour Je disais votre nom, ma clière!

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