‹ ThéâtreChapitre 196 sur 381 · ACTE II, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE X

que tu fais donc ici?... Allons, il y va de ta yie, songes-y bien Cherche : tu as cinq minutes.

FLORINE

Mais je ne sais que vous dire.

HECTOR

Eh bien ! dis-moi tout.

FLORINE

Ah!

HECTOR

Tu vois bien.

FLORINE, en secret.

Ce matin, comme je serrais les robes de madame d'Ermont, il est tombé de la poche de l'une d'elles...

Un portrait ?

FLORINE

Non, monsieur, une lettre.

HECTOR

La lettre d'un amant ?... Tu es une honnête fille, donne.

FLORINE

La voilà... mais...

HECTOR

Sois tranquille, je n'en ferai pas un bon usage. (Lisant la lettre.) « A Madame Delaunay. » Qu'est-ce que c'est que ça, Delaunay ?

FLORINE

C'est un nom que madame prend à Toccasion.

HECTOR

J'entends, c'est son nom de guerre. [Ouvrant la lettre.) Lisons vite. « Madame... » J'aurais mieux aimé : Mon ange... Enfin, ça ne fait rien. « Madame, permettez à un pauvre père de » famille de bénir la main bienfaisante qui... » Qu'est-ce que ça veut dire? (Parcourant la lettre.) Des bons pour du bœuf et du mouton, des pains de quatre livres et des petits souliers... Qu'est-ce que tu veux que je fasse de ça, imbécile ? . ^^

FLORINE

Damel je ne savais pas, moi... Ah l je me souviens d'autre chose.

HECTOR

Tu es bien heureuse.

FLORINE, bas.

Il y a quinze jours environ... c'était mon jour de sortie... j'étais allée voir...

HECTOR

Les singes ?

FLORINE

Non, un de mes parents...

HECTOR, entre ses dents.

C'est la même chose.

FLORINE

Dans le faubourg du Roule. Conime je descendais Tescalier, j'entends monter.

HECTOR, e7icha7-itê.

C'était madame d'Ermont?... Parle, parle; tu es une honnête fille.

FLORINE

NeToulant pas être surprise..

HECTOR

Chez un de tes sing... de tes parents... je comprends ça... tu remontes ?

FLOriNB.

Un étage, puis deux, puis trois... J'étais tout en haut...

HECTOR

Et madame d'Ermont montait toujours?

FLORINE

Je me cache alors dans un petit grenier, à côté d'une mansarde.

HECTOR, à lui-même.

Une mansarde?... c'était un poète... Toilà mon affaire.

FLORINE

îiJadame d'Ermont frappe à la porte, puis elle tourne la clef et entre.

HECTOR

Comme chez elle... tu regardes à travers le trou de la serrure?

FLORINE

Oui, monsieur ; et qu'est-ce que je vois ?

HECTOR, étonné.

Déjà!

FLORINE

Je vois une petite chambre et un lit bien misérables... j. y HECTOR, chantonnant.

m C'tst l'amour qui rend visite • A la paoYreté qui rit.

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