ACTE I, SCENE XII. 2S
LAMBERT
Parbleu !
ISIDORE, à pari. Qii'est-CG qu'il dit là?
DERBÎGNV.
^^alheu^eux enfant, pourquoi ne m'avoir pas parlé de cela?
ISiDOKE.
Papa... papa... c'est... parce que...
LAMBERT, a Derhigiuj , avec reproche.
Parce que vous l'avez attaqué avec une telle violence , qu'il n'a plus su ou il en était.
DERBIGNY.
Bon ! vous allez me persuader aussi que c'est moi qui ai introduit cette femme, là, dans sa chambre.
ISIDORE , à pari.
Oh 1 Dieu ! oh 1 Dieu î ça va recommencer !
LAMBERT
Quoi !.. il ne vous a pas confié... généreux anii !...(// sé jette ilans les bras d'Isidore.)
ISIDORE , très étonné.
îl m'embrasse à présent l
DERBIGNV.
Expliquez-vous.
LAMBERT, Qvec aplomb.
C'est pour moi qu'elle est ici.
DERBIG^'V.
Pour vous?
ISIDORE
Ah!
En tout bien, tout honneur... une jeune fille qui est venue me consulter... pour sa mère... en me quittant, elle entendit la voix d'un de mes clients... sa démarche pouvait être mal interprétée... je suis garçon... vous comprenez... Elle me pria de la cacher... la chambre dlsidore était ouverte, elle s'y précipita, et lui, en ami dévoué, au risque devons déplaire, ne voulut pas révéler...
DERBIG.XY.
Est-il pos.^ible ?
^iDORE, émerveillé , à part.
Ah ! comme il ment bien !
DERBIGNV.
Et je l'accusais !
LAMBERT, avcc reproclie.
Le soupçonner, lui, si candide ! Ah : M. Derbigny î
DERBIGNV.
En effet, ça n'avait pas le sens commun !... et moi qui soupçonnais cett-3 vertueuse jeune fille! ^lais aussi, lu te troubles d'un rien; voyez 1 il est encore tout tremblant.
ISIDORE
Le fait est que je suis... ah ! je suis bien ému î DERBiGXY, allant à Isidore *.
Voyons, reme(s-toi, et tache de te rappeler où est la broche c|ue j'ai achetée pour Pauline.
LAMBERT , à part.
En voici bien d'une autre !
ISIDORE, désolé . à part.
Ah!... je croyais que c'était fini !...
LAMBERT, gaiement, et cherchant à donner le change. Je gage que vous avez cru qu'il l'avait donnée à cette...
DERBIGNV.
Je l'avoue, je nven accuse, franchement , je l'avoue... Mais, qu'en a-t-il fait ? (// cherche à gauche sous la table.)
LAMBERT
Ah! oui , qu'en a-t-il fait? (--1 part , en remontant la scène à
drùite.)X moins d'un miracle, du diable si je sais comment le tirer
de là, par exemple !
ISIDORE , à part.
Je n'en soriirai jamais !
[Paméla entrouvre la porte et met la broche sur la table. Lambert seul aperçoit ce mouvement, mais sans pouvoir reconnaître Paméla. )
LAMBERT , a part.
Voilà le miracle !... Une grisette qui restitue !... [Haut, allant à
la table. ) Il est impossible qu'en cherchant bien... (Il prend la
feroc/i(?.)Non, rien!... [Passant auprès d'Isidore et la lui mettant
dans la main. [Haut.) Mais il Fa à la main ! ismoRE.
Hein?.. Tu dis... quoi... [Regardant dans sa main et jetant
un cri de surprise mêlée de joie.) Ah !... ah !... Mais la voilà !...
DERBIGNV.
Ah ! ça, mais tu l'avais donc?
ISIDORE
Kon, papa... [Lambert le tire par Ihabit.) C'est à dire je l'avais donc... Oui, papa... il parait...
DERBIGNV.
Etourdi. Livec importance.) Vois comme l'innocent est parfois en butte à d'injusles soupçons... Vois comme les preuves les plus accablantes sont quelquefois trompeuses !
ISIDORE
Je vois.
DERBIGNV.
Et, si jamais tu deviens procureur du roi , n'oublie pas cette leçon. (// passe à droite et au deuxième plan pour prendre son paletot.)
* Isidore, Derbigny, Lambert.