LE VALET
Pour mademoiselle.
AXTÉNOR, weme jfci/.
Deuxième bouquet !
ROSE, prenant le bouquet, Ahl qu'il est beau! {Elle le présente à Constantine.)
coNSTANTiNE, le prenant.
Oh ! quel supplice ! (Elle le jette à terre. )
LR VALET, paraissant à la porte avec un énorme bouquet. Pour mademoiselle.
AMÉNOR, gravement.
Troisième bouquet !
ROSE
Encore un î {Courant à la porte et renvoyant le valet.) Il n*en faut plus! Ah bien ! elle est trop forte, celle-là î {Elle éclate de rire.)
CONSTANTINE
Comment, Rose, vous riez ?
ROSE
Ma foi ! mamzelle, ce n'est pas ma faute; je n'ai pas pu m'en empêcher.
CONSTANTINE
Taisez-vous. {J Anténor qui s'assied à la table.) Que veut dire cette plaisanterie ?
ANTÉNOR
C'est le prologue, mademoiselle*.
CONSTANTINE
Le prologue ! Que faites-vous donc, monsieur?
Je vous écris.
CONSTANTINE
Vous m'écrivez, à moi ?
* Constantioe, Rose, Anténor,
SCÈ>E IX. 29
ANTÉNOR, écrivant.
« 1" octobre 1850. »
ROSE
Comment? mais c'est aujourd'hui le 15.
ANTÉXOR, écrivant toujours.
Je lésais bien... Mais je remonte... je remonte le courant... {Chantant : )
Du fleuve de la vie.
CONSTANTISE.
Monsieur, aurez-vous bientôt fini?
ANTÉNOR
Quelques lignes encore, et je suis â vous.
CONSTANTIXE, frappant du pied.
Ah!
ROSE, bas à Constantine*.
Diles-donc, mamzelle, vous en vouliez un qui ne s'y prît pas comme tout le monde, je crois que vous y avez la main. AMÉNOR, qui a plié sa lettre, agite la sonnette qui est sur la table. Rose va près de lui.
Pour mademoiselle Cavalier, pressée. {Il donne de Vargcni à Hose.]
ROSE, àonnée.
Eh bien ?
J'affranchis. (// se remet à écrire. Bose remet la lettre à Constantine.)
ROSE, riant.
Une lettre pour mamzelle.
CONSTANTINE
C'est trop d'impertinence ! {Elle déchire la lettre et s'assied à gauche.)
ANTÉNOR, qui écrit toujours.
C'est égal, elle compte toujours. {Ecrivant.) 15 octobre.
ROSE, riant.
Comment! il y a déjà quinze jours?
antExor.
11 y aura tout a l'heure un mois. {Il a plié la lettre et sonne de nouveau. Même jeu de Rose.)
* Rose, Constanline, Anténor.
** Coustautiue, Rose, Autéuor 2.
AMÉNOR.
Pour mademoiselle Cavalier, . très- pressée... [Il donne la lettre à Rose et se remet à écrire.)
ROSE
Pour mademoiselle Cavalier... très-pressée !
ANTÉNOR
Vingt octobre... minuit.
Minuit I
C0NSTA>'TINE, riant.
Ah ! ah ! ah ! en vérité, j'aurais tort de me fâcher de vos actions, monsieur, car vous êtes insensé. Rose, jette cela au feu.
ROSE
Oh ! laissez-moi voir un peu, mademoiselle.
CONSTANTINE
Oh ! mon Dieu, lis si tu veux.
ANTÉNOR, sonnant.
Toujours pour mademoiselle Cavalier; plus pressée que jamais.
ROSE
Plus pressée que jamais! [Lisant.) «Cruelle, je ne peux plus » vivre ainsi... »
AXTÉNOR* écrivant.
« Quinze novembre... Ma chère Conslantine.
COXSTANTINE.
Ah! c'est comme ça?., eh bien, je vais vous répondre...
ROSE, lisant.
« Quand j'aurai fait un malheur vous serez bien avancée, n'es* » ce pas?., c'est pourtant ce qui vous pend au nez.
AMÉNOR.
c( Mon ange adoré!.. »
coNsiAXTixE, écrivant et parlant, « Monsieur, vous êtes un importun... un fat!.. »
ROSE, lisant.
« Pend au nez, avec lequel j'ai l'iionneur d'être... »
COXSTANTIXE.
a Vous m'agacez, vous me crispez, tout en vous me déplaît...))
AMÉxon.
ttll est donc sorti de ton âme,cc secret qu'ont trahi les yeux...»
ROSE, lisant.
« Vous m'aimerez.»