‹ ThéâtreChapitre 276 sur 381 · LE VALET · texte numérisé non relu

LE VALET

Pour mademoiselle.

AXTÉNOR, weme jfci/.

Deuxième bouquet !

ROSE, prenant le bouquet, Ahl qu'il est beau! {Elle le présente à Constantine.)

coNSTANTiNE, le prenant.

Oh ! quel supplice ! (Elle le jette à terre. )

LR VALET, paraissant à la porte avec un énorme bouquet. Pour mademoiselle.

AMÉNOR, gravement.

Troisième bouquet !

ROSE

Encore un î {Courant à la porte et renvoyant le valet.) Il n*en faut plus! Ah bien ! elle est trop forte, celle-là î {Elle éclate de rire.)

CONSTANTINE

Comment, Rose, vous riez ?

ROSE

Ma foi ! mamzelle, ce n'est pas ma faute; je n'ai pas pu m'en empêcher.

CONSTANTINE

Taisez-vous. {J Anténor qui s'assied à la table.) Que veut dire cette plaisanterie ?

ANTÉNOR

C'est le prologue, mademoiselle*.

CONSTANTINE

Le prologue ! Que faites-vous donc, monsieur?

Je vous écris.

CONSTANTINE

Vous m'écrivez, à moi ?

* Constantioe, Rose, Anténor,

SCÈ>E IX. 29

ANTÉNOR, écrivant.

« 1" octobre 1850. »

ROSE

Comment? mais c'est aujourd'hui le 15.

ANTÉXOR, écrivant toujours.

Je lésais bien... Mais je remonte... je remonte le courant... {Chantant : )

Du fleuve de la vie.

CONSTANTISE.

Monsieur, aurez-vous bientôt fini?

ANTÉNOR

Quelques lignes encore, et je suis â vous.

CONSTANTIXE, frappant du pied.

Ah!

ROSE, bas à Constantine*.

Diles-donc, mamzelle, vous en vouliez un qui ne s'y prît pas comme tout le monde, je crois que vous y avez la main. AMÉNOR, qui a plié sa lettre, agite la sonnette qui est sur la table. Rose va près de lui.

Pour mademoiselle Cavalier, pressée. {Il donne de Vargcni à Hose.]

ROSE, àonnée.

Eh bien ?

J'affranchis. (// se remet à écrire. Bose remet la lettre à Constantine.)

ROSE, riant.

Une lettre pour mamzelle.

CONSTANTINE

C'est trop d'impertinence ! {Elle déchire la lettre et s'assied à gauche.)

ANTÉNOR, qui écrit toujours.

C'est égal, elle compte toujours. {Ecrivant.) 15 octobre.

ROSE, riant.

Comment! il y a déjà quinze jours?

antExor.

11 y aura tout a l'heure un mois. {Il a plié la lettre et sonne de nouveau. Même jeu de Rose.)

* Rose, Constanline, Anténor.

** Coustautiue, Rose, Autéuor 2.

AMÉNOR.

Pour mademoiselle Cavalier, . très- pressée... [Il donne la lettre à Rose et se remet à écrire.)

ROSE

Pour mademoiselle Cavalier... très-pressée !

ANTÉNOR

Vingt octobre... minuit.

Minuit I

C0NSTA>'TINE, riant.

Ah ! ah ! ah ! en vérité, j'aurais tort de me fâcher de vos actions, monsieur, car vous êtes insensé. Rose, jette cela au feu.

ROSE

Oh ! laissez-moi voir un peu, mademoiselle.

CONSTANTINE

Oh ! mon Dieu, lis si tu veux.

ANTÉNOR, sonnant.

Toujours pour mademoiselle Cavalier; plus pressée que jamais.

ROSE

Plus pressée que jamais! [Lisant.) «Cruelle, je ne peux plus » vivre ainsi... »

AXTÉNOR* écrivant.

« Quinze novembre... Ma chère Conslantine.

COXSTANTINE.

Ah! c'est comme ça?., eh bien, je vais vous répondre...

ROSE, lisant.

« Quand j'aurai fait un malheur vous serez bien avancée, n'es* » ce pas?., c'est pourtant ce qui vous pend au nez.

AMÉNOR.

c( Mon ange adoré!.. »

coNsiAXTixE, écrivant et parlant, « Monsieur, vous êtes un importun... un fat!.. »

ROSE, lisant.

« Pend au nez, avec lequel j'ai l'iionneur d'être... »

COXSTANTIXE.

a Vous m'agacez, vous me crispez, tout en vous me déplaît...))

AMÉxon.

ttll est donc sorti de ton âme,cc secret qu'ont trahi les yeux...»

ROSE, lisant.

« Vous m'aimerez.»

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