ACTE II, SCENE V
C'est bien surprenant.
DERBiGNY , em barrussé.
Non... pas trop. (Il cherche à changer la cojiversation.J Elle travail? comment gouvernons-nous le travail?
ISIDORE
Ah! papa... parfait! inscriptions en poche... examen... vainqueur. Mes examinateurs ont été frappés de stupeur en m'interrogéant.
[Il remonte en faisant une pirouette sur lui-même.) DERBiGNY, à de la Pierre Meulière.
J'en étais sur; vous voyez !...
DE LA PIERRE MEULIÈRE
Laissez! je le scrute... je le scrute... * ISIDORE, à part.
Le fait est qu'il sontété pas mal surpris. [Redescendant à droite.-^ Haut.) Se travaille mes auteurs... douze heuies par jour. [De la Pierre Meulière descend à droite; il examine Isidore en passant derrière lui.)
DERBIGNY.
Douze heures !
ISIDORE
Quelquefois vingt-quatre, souvent moins, jamais plus ! **
DERBiGNY.
Et lu n'as pas fait de mauvaises connaissances?
ISIDORE, reprenant le milieu.
Pas une, papa! Elles sont toutes bonnes ; toutes de première qualité.
DERBIGNY.
Enfin, tu as suivi mes conseils ?
A la piste, papa !
DERBIGNY.
Et je suis sur que tu t'en es applaudi ?
ISIDORE
A trois reprises, papa !
DE LA PIERRE MEULIERE, ViVement.
Je l'ai scruté!... je trouve que ses allures, ses manières... {ÂIsi' dore.) Tu t'es donc déluré ?
ISIDORE, lui donnarU une tape sur le ventre. Un peu ! En italien, un poco !
DERBIGNY.
Toi, qui avais de la timidité, de la réserve. .. qu'as-tu fait de tou cela?
* Derbigny, de la Pierre Meulière, Isidore. ^' Derbigny, Isidore, de la Pierre Meulière.
ISIDORE
Ma timidité, je l'ai usée; et comme je ne m'en servais plus, je l'ai cédée à un de mes amis, un étudiant de première année; quant à la réserve, c'est autre cliose; on n'en est qu à 55 ans, d'après la loi sur la garde nationale : je n'ai pas Fàge ; j'atleuds.
DE LA PIERRE MEULIERE, riant.
Ah ! parfait... il est gai... décidément je crois qu'il s'est formel Mais qu'est-ce que c'est que cette barbe affreuse?
Ah ! monsieur de la Pierre Meulière, j'ai l'amour-propre de croire qu'il n'y a rien à dire sur ma barbe, qui a fait bien des jaloux dans le' onzième arrondissement [à pari], sans compter les jalouses.
DERBiG>'Y, à de la Pierre Meulière.
Mon ami, c'est lusa.^e. les jeunes gens la portent.
DE LA PIERRE MEULIERE
L'usage, l'usage ! s'il était sapeur ou Turc , je le comprendrais, mais à un futur avocat, cette fourrure ?
ISIDORE
Précisément! voyez Lyc:irgiie, qui certainement n'était ni un sapeur, ni un Turc, et qui même était un professeur de droit très distingué... se rasait-il ? Jamais !... Jamais Lycurgue 1 jamais Lycurgue 1
DERBiGNY, à de la Pierre Meulière.
Au fait je n'ai pas ouïdiie...
DE LA PIERRE MEULIERE
Il se peut, il se peut.
ISIDORE
Et Solon? qui n'était pas un gamin, se faisait-il la barbe ? Jamais '....Jamais Solon ! Jamais Solon!
DEUBiGN , imitant son ge<te et son in^mion, •Imais S 'I !i ! Ja i.nIs Solo-i !
DE LA PIERRE .MEULIERE
Je ne dis pas...
ISIDORE
Et Cicéron ? un avocat cependant... et qui pinçait le latin un ^tçu chicandardenient !...
Chican"^...
ISIDORE
Dardement...
DERBiGNY, à de la Pierre Meulière, Dardement, mon ami !
DE LA PIERRE MEULIERE
Quel est cet odieux adverbe?
ISIDORE
Il est peut-être inconnu ici? Je m'iionoro de l'arborer le premier et de le faire flotter sur ma ville natale. (// se découvre et agite son