SCENE II
Les mlmes , CLÉMENTINE.
CEibiENTiKE, arrivant avec un petit carton sous le bras, et riant.
Ah! ah! ali ! comme ils courent!... comme il? se poussent! Ils ont peur que le convoi de Corbeil parte sans eux. C'est amusant lus environs d'un chemin de fer ; tout le monde a l'air d'ahuris. MO>'TDRiS0N, qui a regardé Clèraentinc.
rardieu, Messieurs, si Paris produit de pitoyable bière, il possède en revanche de ravissantes jeunes filles, regardez donc..* TOUS, entre eux.
Elle est charmante.
MONTCRisoN, SG levant et allant à Clémentine. Salut à la première jolie Parisienne que je rencontre en arrivant d'Alger.
CLÉMENTINE, baisscnt le? yeux.
IMonsienr, je n'ai pas celui de vous connaître.
MONTBRISON
Eh! tant mieux, mon adorable, nous ferons connaissance. Peut-on vous offrir quelque chose ? %
CLÉMENTINE-
Merci bien, Monsieur, je ne prends jamais rien entre mes repas.
MONTRRISON.
Eh bien, je suis sur que vous n'avez pas déjeuné... et vous allez déjeuner avec moi... moins que rien... un perdreau truffé, quelques doigts de Champagne et du moka.
CLÉMENTINE
.le n'accepte des objets truffés que des personnes dont je connais la moralité.
MONTBRISON, riant.
Mais la mienne est excellente : Hector Montbrison, capitaine aux chasseurs d'Afrique, en congé de semestre, [monfrant les officiers. Ils se lèvent.), ainsi que ces Messieurs; débarqué par le chemin de fer, à peine depuis quelques nninutes et qui dépose son cœur à vos pieds.
CLÉMENTINE
Merci... c"est trop nu pas assez- Tout le monde vous dira (|ue
Clémentine Drouillet est une fille sat^e, quoique blanchisseuse de dentelles, et qui ne veut faire une connaissance que pour le bon motif.
MONTBRISON
C'est justement ce que je cherche.
CLÉMENTINE
Vous!... [A part.) Sont-ils farceurs, ces militaires!...
MONTBRISON
Essayez...
CLÉMENTINE
Je n'ai pas le temps, il faut que je reporte mon ouvrage.
C'est ça, nous allons le reporter ensemble... je vais vous accompagner...
CLÉMENTINE, s'avauçant vers le café.
C'est inutile, me voilà arrivée-
MONTBRISON
Là, dans ce café?... Au moins... quand nous reverrons-nous?
CLÉMENTINE, vianf.
Quand nous nous rencontrerons. [Elle disparaît dans le café.)
UN OFFICIER, riant.
Ah! ah ! ce pauvre Montbrison !
MONTBRISON
iSlorbleu ! si j'avais le temps, je prendrais ma revanche ; mais j'ai bien d'autres choses en tête... et il faut même que je vous quitte. [Appelant.) Garçon! [Jetant une pièce d'ar(jent au garçon qui entre.) La bière !
LES OFFICIERS, voulant payer.
Mais non!
MONTBRISON
Par exemple! c'est moi qui vous ai invités; ce sera votre tour la prochaine fois, car nous nous reverrons, Messieurs, vous trouverez mon adresse à l'état major de la place.